Université d'Ottawa: 18,3 M$ en droits de scolarité impayés

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Les étudiants qui n'acquittent par leurs droits courent le risque de faire face à des agences de recouvrement.

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L'Université d'Ottawa attend toujours le paiement de plus de 18,3 millions$ en droits de scolarité, selon des chiffres obtenus par LeDroit.

Certains étudiants ne se pressent pas pour acquitter leur facture.

Rien que pour la session de l'hiver dernier, l'institution de la Côte-de-Sable attendait, au 30 avril, près de 6 millions$ de la part de plusieurs étudiants, révèlent des documents obtenus en vertu de la Loi sur l'accès à l'information.

À la même date, plus de 4 millions$ de droits de scolarité de l'année 2013 étaient aussi toujours impayés.

Des quelque 18,3 millions$ qui restent à recevoir, plus de 8,2 millions$ sont considérés comme des mauvaises créances, à risque de ne jamais être recouvrées.

Chaque année, l'Université d'Ottawa doit ainsi se priver d'une portion de droits de scolarité qui ne seront jamais acquittés.

« La grande majorité des mauvaises créances, ce sont des étudiants qui ont quitté en cours d'étude, qui n'ont pas continué leur programme », explique le vice-recteur associé aux ressources financières, Denis Cossette. « Plus tu attends pour récupérer, tu peux perdre la trace des étudiants. C'est une population mobile, qui change d'adresse, de coordonnées, etc. »

La direction de l'Université d'Ottawa insiste cependant pour dire que les mauvaises créances ne représentent qu'une fraction des droits de scolarité facturés.

Depuis 2011-2012, l'institution a refilé annuellement, en moyenne, pour 300 millions$ de factures à ses quelque 43000 étudiants.

« (Environ) 99,6 % de nos étudiants payent leurs droits de scolarité. Il y en a que ça prend plus de temps. Mais on reçoit, on encaisse, 99,6 % de ce qu'on facture », indique M. Cossette.

Le contraste est toutefois frappant, lorsqu'on compare les mauvaises créances des étudiants de l'Université d'Ottawa avec celles des étudiants des quatre universités montréalaises.

Le quotidien La Presse révélait récemment qu'au cours de la dernière décennie, les mauvais payeurs qui fréquentent l'Université Concordia, l'Université du Québec à Montréal, l'Université de Montréal et l'Université McGill doivent plus de 25 millions$, à peine quelques millions de plus qu'à Ottawa. Ces quatre universités accueillent quatre fois plus d'étudiants que l'institution bilingue de la capitale fédérale.

« Les Ontariens ne payent pas moins bien, mais les subventions gouvernementales en Ontario sont les plus basses au Canada. Ce qui fait que les droits de scolarité sont beaucoup plus élevés en Ontario qu'au Québec. À ce moment-là, naturellement, la proportion de comptes à recevoir est plus élevée », affirme le vice-recteur associé aux ressources financières.

Évidemment, les étudiants qui n'acquittent pas leurs droits courent le risque d'avoir affaire à des agences de recouvrement, ce qui peut nuire à leur crédit, et à terme, se voir refuser l'accès à leurs cours ou à leur diplôme.

« Nous, on a l'approche où on donne la chance à un étudiant de venir étudier. Si l'étudiant doit un montant, il peut continuer d'étudier s'il prend une entente avec nous. On fait cet exercice-là à chaque début de session », ajoute M. Cossette.

« Ce qu'on essaie d'éviter, c'est une accumulation de la dette, un moment donné l'étudiant va se retrouver dans une situation trop précaire, va se retrouver dans une situation trop difficile pour lui permettre de continuer », précise-t-il.

Avec William Leclerc, La Presse

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