Le gouvernement étudie la possibilité de moduler les tarifs de garderie

Les CPE font entendre leurs inquiétudes

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Des centaines de personnes se sont rassemblées à Gatineau hier pour manifester contre une éventuelle hausse des frais en CPE.

Martin Roy

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À Gatineau, comme partout ailleurs en province, la population a défilé dans la rue pour dénoncer la porte ouverte par le premier ministre, Philippe Couillard, à la modulation des frais de garderies.

Par exemple, ils étaient des milliers au Quartier des spectacles de Montréal, hier, pour contester une éventuelle hausse des frais. À Gatineau, le nombre était plus modeste, mais ils étaient tout de même quelques centaines rassemblées au parc Laurent-Groulx.

Lundi dernier, M. Couillard avait affirmé que « personne ne s'objecterait du fait que quelqu'un qui a [...] des revenus plus élevés dans la société ait à payer des tarifs comme 10 $ par jour pour un enfant en garderie ».

Son gouvernement envisage d'établir une modulation des tarifs de garderies en fonction du revenu familial, dès le 1er avril. Ainsi le tarif pourrait atteindre jusqu'à 20 $ par jour, en fonction du salaire des parents.

Pour la présidente de la Corporation des CPE (Centres de la petite enfance) de l'Outaouais, Brenda Fournier, il s'agit cependant d'une dérive qui menace le modèle de la politique familiale du Québec. Elle estime qu'en raison du bas nombre de personnes gagnant des salaires annuels de 100 000 $ et plus, c'est d'abord la classe moyenne qui sera touchée par le modèle étudié par le gouvernement québécois.

« La ministre de la Famille et le ministre de l'Éducation sont en train de revisiter les programmes, lance Mme Fournier. Ce qu'on fait aujourd'hui c'est dire : 'Non, ne touchez pas aux CPE'.»

Brenda Fournier déplore également l'approche actuelle du gouvernement. Elle affirme que les ministres cherchent des façons de réformer le mode de financement des garderies sans consulter l'Association québécoise des CPE (AQCPE). Selon la secrétaire de l'AQCPE, Louise Valiquette, son association a pourtant de nombreuses propositions à mettre sur la table, plus d'une vingtaine en fait. L'AQCPE a réalisé un chantier sur la question il y a quelques mois à peine.

L'AQCPE estime, par exemple, que le gouvernement du Québec accorde 557 millions $ chaque année en crédit d'impôt pour les parents d'enfants qui fréquentent des garderies privées non subventionnées.

Mme Valiquette croit qu'il y a certainement une révision du système à effectuer.

Sans présumer qu'il y ait de la fraude fiscale, la secrétaire de l'AQCPE affirme qu'il y a une possibilité de resserrer les règles pour réduire cette facture pour le gouvernement québécois. Par exemple, donner un « code permanent » à tous les enfants, comme c'est le cas dans les écoles publiques. Ou encore, d'étendre le réseau des CPE pour permettre un contrôle plus facile de ces dépenses.

La ministre de la Famille, Francine Charbonneau, estime que le gouvernement et les manifestants partagent les mêmes objectifs.

« Les gens voulaient dire l'importance qu'ils portent aux services de garde. C'est entendu ; le gouvernement n'a jamais annoncé leur fermeture. On est pour les mêmes valeurs que les gens qui sont sortis aujourd'hui », a indiqué la ministre, en entrevue téléphonique à La Presse Canadienne.

Elle comprend que les scénarios envisagés peuvent en inquiéter certains, mais elle insiste pour dire que les centres de la petite enfance, tels qu'ils le sont actuellement, ne peuvent être maintenus en raison de leurs coûts, mais aussi en raison des iniquités dans le système.

« Malheureusement, en regardant le réseau de service de garde en ce moment, l'universalité n'existe pas, ni dans l'octroi des places, ni dans la facturation », a-t-elle expliqué.

Avec La Presse Canadienne

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