Les enseignants de l'Outaouais déposent leurs demandes

Le président du Syndicat de l'enseignement de l'Outaouais,... (Étienne Ranger, LeDroit)

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Le président du Syndicat de l'enseignement de l'Outaouais, Claude Tardif.

Étienne Ranger, LeDroit

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Un nouvel enseignant sur cinq abandonne son travail dans les cinq premières années suivant son embauche au Québec. Alarmé par cette statistique et jugeant que la tâche est devenue trop lourde, le Syndicat de l'enseignement de l'Outaouais (SEO) a rencontré hier la Commission scolaire des Draveurs (CSD) pour lui faire part des revendications de ses membres quant aux conditions de travail.

«Ce qu'on voulait leur faire entendre, c'est que nos demandes sont des pistes de solution pour les élèves en difficulté. On ne peut pas accepter que ça continue comme ça. Ça a des impacts sur leur réussite, mais aussi sur celle des élèves qui sont sans difficulté, parce qu'évidemment si on est accaparé par ces élèves-là, ça nous donne beaucoup moins de temps pour l'ensemble de notre groupe. [...] On veut que la tâche soit plus motivante et attrayante», a lancé le président du SEO, Claude Tardif.

«On juge que les commissions scolaires sont interpellées par les conditions de travail, tout simplement car ce sont elles qui travaillent avec les enseignants et qui sont responsables de la réussite des élèves. Dire qu'il n'y a pas d'argent qui va avec ça, je serais en train de vous mentir. Par contre, il est clair pour nous qu'on ne peut se payer le luxe de continuer comme ça», indique M. Tardif.

Cette rencontre survenait au lendemain du dépôt des demandes salariales de la Fédération interprofessionnelle de la santé du Québec (FIQ) et la Fédération autonome de l'enseignement (FAE), qui demandent à Québec des hausses de 13,5% étalées sur trois ans en marge de l'amorce des négociations nationales dans les secteurs public et parapublic. Des exigences que le président du conseil du Trésor, Martin Coiteux, n'a pas hésité à qualifier de «très grosse bouchée à avaler», les chiffrant à 5,2 milliards$.

De son côté, le SEO juge ces demandes raisonnables même si le gouvernement Couillard est en mode austérité.

«Si on regarde la hausse de l'indice des prix à la consommation (IPC) ces dix dernières années et qu'on la compare avec nos augmentations salariales, on est carrément perdant. On se retrouve 4,5% au-dessous. [...] On ne s'attend pas, bien sûr, à ce que le gouvernement nous dise oui tout de suite, mais il y a vraiment un coût économique en ce moment quand on parle d'enseignants qui quittent le milieu malgré le fait qu'ils ont suivi une formation universitaire. Le gouvernement doit se mettre à penser pas juste en fonction d'un trimestre ou d'un semestre. Il doit commencer à avoir une vision à long terme», réplique Claude Tardif.

Se désolant que plusieurs enseignants se résignent à aller oeuvrer sur la rive ontarienne, le salaire y étant plus élevé, il souligne qu'un prof québécois doit patienter 17 ans avant d'atteindre le sommet de son échelle salariale, une «absurdité», dit-il.

Le SEO représente au-delà de 4000 enseignants de tous les niveaux répartis dans trois commissions scolaires de la région.

La même rencontre avec la Commission scolaire au Coeur-des-Vallées est prévue aujourd'hui à 11 h, alors qu'aucune date n'a encore été fixée pour la Commission scolaire des Portages-de-l'Outaouais.

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