Éducation postsecondaire en Outaouais

Premier pas vers un statut particulier

De passage dans la région samedi, le ministre... (Simon Séguin-Bertrand, LeDroit)

Agrandir

De passage dans la région samedi, le ministre Pierre Duchesne a ouvert la porte à un « statut particulier » pour l'Outaouais en matière d'éducation postsecondaire. À sa gauche, le ministre responsable de l'Outaouais, Stéphane Bergeron.

Simon Séguin-Bertrand, LeDroit

Partager

L'inégalité historique de l'Outaouais en matière d'éducation supérieure pourrait enfin être reconnue par Québec.

Tant le recteur de l'Université du Québec en Outaouais (UQO), Jean Vaillancourt, que le directeur général par intérim du Cégep de l'Outaouais, Frédéric Poulin, ont affiché un haut degré d'optimisme à la suite de leur rencontre respective avec le ministre québécois de l'Enseignement supérieur, Pierre Duchesne.

Le ministre Duchesne et le ministre responsable de l'Outaouais dans le cabinet Marois, Stéphane Bergeron, étaient de passage dans la région samedi en marge du Forum citoyen sur l'avenir de l'enseignement supérieur.

En point de presse, Pierre Duchesne a laissé entendre qu'un « statut particulier » serait considéré. « Moi je dis : amenez-nous des propositions sur comment on peut définir une forme de statut particulier [...], comment on peut le définir dans l'action. On est ouvert à ça », a commenté le ministre.

Conséquence directe d'un manque de financement chronique, la région a accumulé au fil des années un important retard en matière de programmes offerts par ses institutions d'enseignement supérieur par rapport aux autres régions du Québec.

« Particulièrement pour les demandes de programmes, l'Outaouais est toujours traitée comme 'une autre région'. Lors de notre rencontre, M. Duchesne a parlé d'un 'astérisque' à côté de la région, dorénavant, lorsque nous déposerons des demandes », souligne M. Poulin, reprenant l'image du ministre.

« La différence majeure aujourd'hui, c'est que les mots 'statut particulier' sont sortis de la bouche du ministre, et pas seulement de la bouche de l'Alliance pour la cause de l'enseignement supérieur en Outaouais », a pour sa part réagi le recteur de l'UQO, Jean Vaillancourt. « Peu importe le terme qu'on utilise, il y a une très grande sensibilité du gouvernement actuel pour les universités en région. »

Entre paroles et actes

Le ministre ne s'est toutefois pas engagé concrètement sur un financement accru ou des investissements à court terme.

Quoi qu'il en soit, les bonnes intentions du gouvernement ne l'ont pas empêché de refuser pour une deuxième année consécutive un programme de Technologie de radiodiagnostic au Cégep de l'Outaouais (voir autre texte).

Le directeur général par intérim du Cégep, Frédéric Poulin, croit toutefois que la réponse aurait été différente s'il avait eu la chance de rencontrer le ministre plus tôt.

« [Le ministre Pierre Duchesne] m'a répondu qu'il était bien conscient que des réponses comme ça ne permettront pas à l'Outaouais de se rattraper. Mais on ne m'a pas dit que nous aurions un oui demain matin », souligne M. Poulin. « Mon optimisme me dit que si j'avais rencontré les ministres Bergeron et Duchesne avant, cela aurait eu une influence positive. »

La question économique

Statut particulier ou pas, certains participants au forum, qui doit mettre la table au Sommet de l'enseignement supérieur à la fin février, croient que le contexte économique difficile fera obstacle à la tentative de Québec d'assumer le rattrapage dont a besoin l'Outaouais en matière d'enseignement supérieur.

Par ailleurs, M. Duchesne a profité de sa tribune pour lancer quelques flèches en direction du candidat à la chefferie du Parti libéral du Québec, Pierre Moreau, et des élus libéraux locaux, qui se sont dits séduits par l'idée de revoir le rôle des cégeps et de s'interroger sur leur pertinence.

« Je tiens à le dire avec force ici dans la région parce que je sais que certains acteurs politiques ont laissé entendre qu'il fallait se poser la question. On est ouvert à bien des questions, mais pas à celle de la pertinence des cégeps. Pour nous, les cégeps sont un atout. Ils ont permis au système québécois d'être devant le reste du Canada en ce qui concerne l'éducation postsecondaire. Ça permet aux jeunes de les garder en région, de répondre à des besoins de main-d'oeuvre précis. Cela a été prouvé depuis très longtemps. »

Partager

lapresse.ca vous suggère

publicité

publicité

Les plus populaires

Tous les plus populaires
sur lapresse.ca
»

publicité

la boite:1609999:box; tpl:300_B73_videos_playlist.tpl:file;

publicité

Autres contenus populaires

publicité

image title
Fermer