Un professeur de l'Ud'O mènera une étude

Les élèves francos en milieu minoritaire plus stressés ?

Le professeur Cameron Montgomery s'apprête à mener une... (Archives, LeDroit)

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Le professeur Cameron Montgomery s'apprête à mener une étude pilote dans quelques écoles secondaires francophones de l'Ontario pour déterminer si un élève vivant en milieu minoritaire peut connaître un stress plus accru dû à une tension sociolinguistique.

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Les élèves des écoles francophones de l'Ontario sont-ils plus stressés que ceux des écoles de la majorité anglophone ? Est-ce que le fait de vivre en milieu minoritaire engendre chez eux une « tension sociolinguistique » qui rend leur passage sur les bancs d'école plus difficile ?

C'est ce que tente de déterminer un spécialiste de la psychologie de l'éducation à l'Université d'Ottawa (Ud'O).

Le professeur Cameron

Montgomery s'apprête à mener une étude pilote dans quelques écoles secondaires francophones de l'Ontario. Il espère ensuite élargir ses recherches à des écoles anglophones de la province, de même qu'à des écoles francophones et anglophones au Québec, où les élèves de langue anglaise sont la minorité.

« L'hypothèse est que le fait de vivre en milieu minoritaire peut engendrer un stress plus accru ou particulier dû à une tension sociolinguistique. Mais qui vit plus de stress psychologique : les élèves franco-ontariens, anglo-ontariens, franco-québécois ou anglo-québécois ? La question se pose mais personne n'y a répondu à date au Canada. Je vais explorer cette question afin de trouver des pistes concrètes pour des intervenants, enseignants et parents », explique le professeur Montgomery au Droit.

La professeure Louise Bouchard, spécialiste de la santé des populations à l'Ud'O, a déjà établi que les francophones en milieu minoritaire se perçoivent en moins bonne santé que leurs concitoyens de la majorité. Aucun chercheur ne s'est encore penché sur le stress psychologique des minorités. Pourtant, « vivre dans une situation minoritaire peut ajouter au stress vécu par un individu par rapport à celui auquel une personne en situation majoritaire peut être confrontée », note le professeur Montgomery.

« L'étude pilote donnera un portrait général de la situation. Ensuite, il y aura une étude plus complète, dans des écoles de l'Ontario et du Québec. L'étude idéale inclurait des enseignants et des élèves, ce qui permettrait d'obtenir un portrait complet d'une école ou d'un conseil scolaire afin de voir si le stress psychologique est systémique ; c'est-à-dire s'il est autant présent chez les enseignants que chez les élèves », précise le chercheur de la faculté d'Éducation de l'Ud'O.

En 2005, des chercheurs de l'American Educational Research Association (AERA) ont observé un stress psychologique autant chez des enseignants que des élèves dans des écoles du Colorado. Les enseignants ressentaient un stress au niveau de la préparation des élèves pour des tests standardisés, semblables à ceux de l'Office de la qualité et de la responsabilité en éducation (OQRE), en Ontario. « Il y a là des parallèles à faire », selon le professeur ottavien.

« Mieux comprendre le stress psychologique aide à mieux comprendre la santé mentale d'un élève ou d'un enseignant. Une meilleure compréhension aurait peut-être pu prévenir (la tuerie) dans une école du Connecticut, la semaine dernière. Plus nous sommes capables de comprendre, plus nous pouvons dépister et plus nous pouvons prévenir et soigner », exhorte Cameron Montgomery.

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