Roger Guindon, dernier père oblat recteur de l'université, est mort à 92 ans

Un pilier de l'Université d'Ottawa rend l'âme

L'Université d'Ottawa a tourné une page de son histoire samedi. Le  dernier des... (Martin Roy, LeDroit)

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Martin Roy, LeDroit

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L'Université d'Ottawa a tourné une page de son histoire samedi. Le dernier des pères oblats à avoir dirigé l'institution est décédé hier à la suite d'une longue maladie. Roger Guindon avait 92 ans.

C'est sous sa gouverne que l'université bilingue est passée d'un petit établissement oblat catholique à une université publique financée par la province, en 1965. Il quittera son poste de recteur en 1984.

« Il a dirigé l'Université pendant 20 ans, c'est exceptionnel », confie l'archiviste de l'institution, Michel Prévost. « Sous son règne, l'Université a pris une expansion phénoménale. Une de ses réalisations majeures, c'est la création d'un nouveau centre de santé près de l'Hôpital d'Ottawa. » L'édifice des facultés de médecine porte en effet son nom.

Le père Guindon, né le 26 septembre 1920 à Ville-Marie, au Témiscamingue, est lui-même un produit de la maison d'enseignement, y ayant complété ses études secondaires et une formation en philosophie et théologie, avant d'être ordonné prêtre en 1946.

Entre 1947 et 1964, l'homme de foi enseigne à la faculté de théologie, assumant aussi la fonction de doyen durant quatre ans.

La congrégation des Oblats a dirigé la destinée de l'Université d'Ottawa de 1848 à 1965. « Tout comme on considère le père Guigues le fondateur de l'Université et le père Tabaret son architecte, le père Guindon en est le catalyseur. La force puissante de changement qui l'a guidée vers un monde moderne », peut-on lire dans un document d'archives de l'institution.

À l'écoute des étudiants

Durant sa longue carrière, celui qui a aussi été le premier président de la Fondation franco-ontarienne s'est forgé une réputation enviable auprès des étudiants.

« Il avait un très grand sens de l'humour », explique M. Prévost, un ami personnel du défunt. « Je me souviens de lui assis dans la neige avec les étudiants. Il était très près d'eux. Comme il était prêtre, on s'attendait à ce qu'il soit solennel et distant, mais ce n'était pas du tout son cas. »

Pendant sa retraite, le père Guindon se tourne vers l'écriture. Il rédige quatre volumes qui traitent tous de la dualité linguistique à l'Université d'Ottawa, dont le dernier est publié en 1998 : Coexistence difficile, 1848-1898 ; Coexistence menacée, 1898-1936 ; Coexistence féconde, 1936-1965 ; et Coexistence équitable, 1965-1998.

« Il était un très grand fervent des droits des Franco-Ontariens, mais aussi du bilinguisme. Il s'est toujours battu pour que le bilinguisme soit bien respecté à l'Université », indique l'historien.

C'est ni plus ni moins « le père fondateur de l'Université d'Ottawa telle que nous la connaissons aujourd'hui », qui est décédé hier, selon le recteur actuellement en poste, Allan Rock.

« La nature affable et modeste du père Guindon dissimulait une intelligence implacable et un vif esprit stratégique. Bill Davis, alors ministre de l'Éducation peu après la transition de l'Université puis, bien sûr, premier ministre de l'Ontario, se remémorait un jour ses négociations avec le père Guindon. Selon M. Davis, c'était un défi de taille. Chaque fois qu'il voyait à son horaire une rencontre avec le père Guindon, il commençait immédiatement à calculer combien cela coûterait. »

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