Soulagé, le sociologue réclame maintenant une enquête indépendante pour faire la lumière sur les événements qui ont marqué la région.
Le 17 avril dernier, ce titulaire d'une chaire de recherche a été menotté et accusé d'entrave au travail des policiers en tentant d'aller chercher un livre à son bureau.
En faveur de la grève, il soutient avoir agi de manière raisonnable, qualifiant son arrestation d'arbitraire et d'injustifiée.
« Je n'ai jamais porté le carré rouge, je n'ai jamais encouragé les étudiants à défier l'injonction », a-t-il expliqué pour la première fois depuis son arrestation, entouré d'une vingtaine de collègues.
Il n'exclut pas la possibilité d'intenter des poursuites. Il affirme aussi être encore profondément déçu de l'attitude de la haute direction, qui n'a jamais communiqué avec lui. « Le rôle de l'administration est de défendre l'intégrité du corps enseignant, défendre l'intégrité des étudiants. Ils ont failli à leur rôle et pour ça, à un moment donné, ils devront rendre des comptes ».
« Les administrateurs sont des gens qui jouissent d'un certain prestige, qui ont un rôle social et avec ça vient la responsabilité. Si je fais une erreur, je peux perdre mon emploi », ajoute-t-il.
De son côté, la présidente du syndicat des professeurs de l'UQO, Louise Briand, continue de dénoncer les nouvelles caméras de surveillance installées dans les couloirs des bureaux des professeurs de certains départements.
Elle soutient toujours que le recteur Jean Vaillancourt a indiqué à plusieurs professeurs, à la fin du mois d'août, que l'installation de ces nouvelles caméras était directement liée à la loi spéciale ayant découlé du projet de loi 78.
« Les caméras visent précisément les portes des professeurs et ça pour nous c'est inacceptable », peste-t-elle.
Sans nier cette déclaration, le porte-parole de l'UQO a cependant voulu la remettre en contexte, hier après-midi. « Ce sont des propos qui ont été pris dans le cadre d'une réunion. Il ne faut pas le prendre au pied de la lettre », a précisé Jean Boileau.
Il ajoute que le bon de commande de ces caméras date du 22 février, soit bien avant le début des événements du printemps dernier. « Le recteur a expliqué que ça pouvait aussi servir dans le cadre de la loi 12, mais pas uniquement à cette fin. »
Le pont entre de nombreux professeurs et la haute direction est loin d'avoir été rebâti. Plusieurs griefs seront débattus au cours des prochains mois.
Appelée à commenter le départ prochain du vice-recteur à l'enseignement et à la recherche, Denis Dubé, la présidente du syndicat des professeurs estime que « c'est une perte pour le syndicat ». «J'ai le sentiment qu'on a jeté le bébé, mais pas l'eau du bain ».
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