Chaque année, des milliers d'étudiants accordent des notes à leurs professeurs dans le site Internet ratemyprofessors.com, sorte de portail web censé les aider à mieux choisir leurs cours en fonction de la qualité de l'enseignement.
Mais l'exercice ressemble la plupart du temps à un déversement de calomnies. Tracy Vaillancourt, titulaire de la chaire de recherche du Canada en santé mentale des enfants et en prévention de la violence, a donc voulu savoir si ces propos venimeux étaient motivés par de mauvais résultats scolaires.
Les conclusions de son étude sont étonnantes, et le constat est sans équivoque : l'étudiant universitaire qui se fait donner de mauvaises notes est de 10 à 19 fois plus susceptible de formuler des commentaires négatifs, voir hostiles à l'endroit de son professeur, en plus de lui attribuer une cote médiocre.
Mme Vaillancourt a mené son enquête auprès de 500 élèves du premier cycle universitaire, qui devaient écrire une courte dissertation. Les notes que leur attribuait le professeur complice étaient tirées au hasard.
« Le lien est extrêmement fort entre les notes et les remarques », soutient Mme Vaillancourt.
L'étude prend toute son importance dans le fait que les commentaires des étudiants ont le pouvoir de construire ou détruire des carrières, alors que les décisions entourant les promotions, les permanences et les hausses salariales des enseignants en sont grandement influencées.
« Il y a des professeurs qui perdent leur emploi à cause de ces commentaires », regrette-t-elle.
Récipiendaire de deux prix d'enseignement, Mme Vaillancourt a elle-même goûté à la médecine d'étudiants fielleux et revanchards. Elle a tout lu et tout entendu, ou presque, durant ses recherches. Des commentaires sexistes, grossiers, même vulgaires, quand les remarques ne visent pas directement l'apparence du magister. Certains étudiants ne semblent pas connaître de limites.
Plus de détails dans l'édition du 19 septembre ou sur ledroitsurmonordi.ca