Surpopulation des écoles oblige, près de 300 élèves de la Commission scolaire des Portages-de-l'Outaouais (CSPO) ont dû être déménagés dans une autre institution que la leur à temps pour la rentrée de ce matin, laissant derrière eux camarades et enseignants.
Et certains ne l'ont appris que lundi ou mardi dernier.
Isabelle Rhéaume devra reconduire son fiston à l'école du Marais ce matin, car la CSPO ne l'a toujours pas avisée de l'horaire de l'autobus scolaire d'Emmanuel.
C'est lundi à 72heures de la rentrée qu'on l'informait que son fils de 7 ans fréquenterait l'école du Marais cette année. L'élève de 2e année était inscrit l'an dernier à l'école du Lac-des-Fées. L'année précédente, c'est à du Marais qu'il avait amorcé sa scolarité.
Comble de l'ironie, la jeune mère de famille habite à 350 mètres de l'école du Ruisseau, une autre école de la CSPO.
«J'ai tout acheté la liste d'effets scolaires et de livres que demandait l'école du Lac-des-Fées, mais c'est à recommencer, maintenant», expose la mère de famille, qui a la garde partagée de son fils.
La CSPO aurait avisé les parents que les territoires de chacune des écoles primaires seraient redéfinis au mois de novembre, afin de mieux gérer la croissance. Isabelle Rhéaume n'en revient pas. «Ce n'est pas vrai que je ferai vivre à mon fils une 3e école, un 4e changement d'école en 4 ans.»
Croissance fulgurante
La CSPO connaît une croissance fulgurante depuis quelques années et nombre d'écoles primaires débordent actuellement, souligne Jocelyn Blondin, le président de la commission scolaire.
Près de 400 nouveaux élèves sont venus s'ajouter aux 13400 que comptait déjà le réseau, qui dessert Chelsea, La Pêche, Pontiac et les secteurs de Hull et Aylmer de la Ville de Gatineau.
«Malheureusement, on doit déplacer des élèves en surplus dans les écoles de quartier. On en déplace près de 300 cette année. L'an prochain, ce sera probablement 400», souligne M.Blondin.
Ce n'est pas de gaieté de coeur que la CSPO agit de la sorte, assure-t-il. «C'est très déplaisant, malheureux pour les parents, et pour nous aussi. Quand on se débat à Québec pour avoir des écoles, c'est pour ça.»
Alors que la CSPO connaît une croissance, d'autres, comme la Commission scolaire Western Quebec (CSWQ) et la Commission scolaire du Coeur-des-Vallées (CSCV) connaissent une décroissance.
Après avoir perdu des élèves pendant la majeure partie de la décennie précédente, la CSCV affiche un résultat positif cette année.
«Il y a eu plusieurs projets de construction immobilière à Buckingham et Angers», souligne Sylvain Léger, le vice-président de la CSCV, en guise d'explication.
La CSWQ n'a pas cette chance. La région du Pontiac se vide de sa population, par ailleurs vieillissante. Environ 140 élèves de moins sont inscrits dans les établissements scolaires de la commission anglophone. Cela n'a pas empêché d'agrandir l'école de Wakefield, qui connaît une croissance appréciable de sa population étudiante.
À la commission scolaire des Draveurs, un nombre semblable d'élèves a entrepris hier l'année scolaire, a précisé le porte-parole Yvon Landry.
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