Déçus d'avoir été «écartés du processus de négociation» des derniers jours, les conseils scolaires francophones de l'Ontario refusent d'entériner l'entente de principe intervenue jeudi entre la province et le syndicat qui représente ses quelque 10 000 enseignants de langue française.
L'Association des conseils scolaires des écoles publiques de l'Ontario (ACÉPO) et l'Association franco-ontarienne des conseils scolaires catholiques (AFOCSC) ont également déposé, vendredi, une plainte devant la Commission des relations de travail, «dénonçant l'AEFO pour pratique déloyale».
Les associations représentant les huit conseils scolaires catholiques et les quatre conseils scolaires publics de langue française de l'Ontario n'en reviennent tout simplement pas que le ministère de l'Éducation et l'AEFO aient négocié une entente en leur absence.
«Nous avons une responsabilité auprès des familles pour assurer la réussite et la sécurité des enfants qui nous sont confiés. Nous ne pouvons ratifier une entente qui répond à des impératifs financiers au détriment du bien-être des élèves», a dénoncé Me Ronald Marion, président de l'ACÉPO.
«Normalement, les négociations se passent entre employeur et syndicat. Il est inacceptable que la partie patronale soit ignorée alors qu'il y aura des conséquences importantes sur le fonctionnement des écoles et la réussite des élèves», a ajouté Melinda Chartrand, présidente de l'AFOCSC.
Jeudi, le gouvernement de l'Ontario et l'AEFO se sont félicités d'avoir conclu une entente de principe «équitable et raisonnable» qui serait «en mesure de protéger les gains réalisés en éducation ainsi que l'expérience en classe».
Le syndicat des enseignants francophones devenait alors le deuxième à accepter l'offre finale du gouvernement, après l'Ontario English Catholic Teachers Association (OECTA). L'entente comprend des mesures d'austérité comme un gel des salaires de deux ans mais aussi quelques gains comme des conditions d'embauche plus équitables pour le personnel enseignant suppléant et une allocation de perfectionnement professionnel.
Les membres de l'AEFO doivent se prononcer sur l'entente de principe dans le cadre de votes de ratification dans chaque unité de négociation, d'ici le 30 août.
Plus de détails à venir.