La tension a monté de plusieurs crans vers 21h10, hier, au centre-ville de Montréal, alors que plusieurs dizaines de manifestants, dont certains avaient apporté leur casserole, se sont dirigés vers la rue Crescent où se déroulaient les festivités entourant le Grand Prix. Les cameras de CUTV ont filmé un début d'escamouche entre des manifestants et des amateurs de Formule Un. Les policiers sont rapidement intervenus en employant des gaz irritants pour séparer les belligérants.
Une des personnes impliquées, en colère contre les manifestants, a tenté de donner sa version des faits à un journaliste d'une chaîne d'informations continues mais les policiers sont venus le chercher pour l'amener derrière les barrières de Crescent avant qu'il puisse le faire.
Plusieurs slogans
Les manifestants ont scandés plusieurs slogans dont « Les étudiants sont en colère... Révolution ». Leur présence a semblé étonner badauds et touristes. Les organisateurs ont alors tenté d'enterrer les cris sous les décibels d'une musique pop. Certains manifestants, amusés, ont décidé de se dandider dans la rue devant des policiers impassibles. Plusieurs ont semblé ensuite se fondre dans la foule.
Pendant ce temps, plusieurs centaines de personnes, parties du lieu de rassemblement habituel, le parc Émilie-Gamelin, tentaient de les rejoindre. La 46e manifestation nocturne a été déclarée illégale par les policiers dès le départ, ce qui n'a pas empêché les protestataires de se diriger vers l'ouest. Toutefois, ils ont contourné le site des Francofolies. Ils ont dû ensuite emprunter le boulevard René-Lévesque vers l'ouest, cherchant en vain à se rendre sur le site des festivités du Grand Prix mais de nombreux policiers bloquaient l'accès aux rues vers le nord.
Le SPVM a contraint les manifestants à rebrousser chemin à la rue Guy. Certains ont tenté en vain de rompre les barrages policiers. Mal leur en est pris. À 22 h 15, le SPVM ne pouvait confirmer s'il y avait eu des arrestations.
Déjà en début de soirée, hier, plusieurs dizaines de personnes ont manifesté, principalement sur le boulevard René-Lévesque, pour démontrer leur solidarité avec les victimes de la répression lors du Grand Prix de Formule Un du Bahrein, en avril, et protester contre la tenue de la course à Montréal.
Les policiers interviennent
Partis du square Dorchester, ils ont tenté à quelques reprises de se diriger vers le nord mais les policiers du SPVM les en ont empêchés. Puis, même si tout se déroulait pacifiquement, les policiers les ont chassés des voies de circulation pour les refouler sur le trottoir. Les manifestants ont continué de déambuler sur le trottoir, escortés par les policiers.
Au lendemain de la grande soirée d'ouverture, qui s'est soldée par des affrontements et une quarantaine d'arrestations, le premier ministre Jean Charest s'est engagé hier à continuer de permettre les manifestations, mais dans l'ordre.
Selon l'horaire prévu
Du côté des organisateurs du Grand Prix, on assure que tout se déroule selon l'horaire prévu. Comme tout événement d'envergure international, un plan détaillé de sécurité obligatoire a été élaboré. Plusieurs mesures ont aussi été planifiées en raison des actes de perturbations annoncés. Une grande présence policière était visible dans les rues du centre-ville, notamment près de la rue Crescent. Des agents étaient présents sur des toits.
Tant les corps de police de Montréal, Longueuil et Laval que ceux de la Sûreté du Québec ont été mobilisés ou à tout le moins demeurent prêts à intervenir en cas de besoin.
Le ministre Dutil
Le ministre de la Sécurité publique, Robert Dutil, a lui aussi déploré la façon de faire des manifestants qui ont choisi de s'en prendre à un symbole, plus qu'à une cause.
« On peut être en désaccord avec la F1 ou d'autres événements, mais c'est pas une justification pour nuire à l'économie et faire des perturbations », a affirmé le ministre.
Pour sa part, la Société de transport de Montréal est aussi sur les dents. Une des actions a pour lieu de rendez-vous les quais du métro, dimanche matin, à quelques heures du début de la course. Déjà, on pouvait noter une forte présence policière sur les quais, notamment à la station Berri-UQÀM.