Des centaines de personnes ont sorti affiches, drapeaux, tambours et casseroles pour dénoncer tant la hausse des frais de scolarité au Québec que la loi 78 rendant illégale toute manifestation de plus de 50 personnes qui n'est pas coordonnée avec la police. Les frais de scolarité en Ontario, les plus élevés au Canada, ont aussi été critiqués, mais l'événement était principalement organisé par « solidarité pour les étudiants québécois ».
« À nous la rue ! Charest dehors, on va te trouver du travail dans le Nord ! » sont au nombre des slogans scandés par le cortège, qui comptait près de 700 personnes selon les estimations de certains protestataires.
Le regroupement, organisé conjointement par la Fédération des étudiants et étudiantes de l'Université d'Ottawa (FÉUO) et divers syndicats de travailleurs canadiens, s'est donné rendez-vous en début de soirée au parc de la Confédération, devant l'hôtel Lord Elgin. Baptisé Solidarité contre l'Austérité, il a suivi les rues Elgin, Somerset puis Bank, avant de descendre vers le marché By et prendre la direction du pont Alexandra.
Partout où les manifestants sont passés, les clients et serveurs des terrasses les regardaient, médusés par l'imposante foule.
« Je n'ai jamais vu ça de ma vie, a dit le tenancier d'une pizzeria. En tout cas, s'ils ont faim, ils devraient revenir par ici ! »
Arrivés à Gatineau, les manifestants se sont arrêtés devant le palais de justice, rue Laurier, puis ont trouvé de nombreux amateurs aux bars de la rue Laval. D'après la Police de Gatineau, la manifestation a approché le cap des 1000 participants. Le groupe a ensuite pris le pont du Portage pour retourner vers Ottawa.
La marche s'est terminée à l'Université d'Ottawa, sans arrestations.
« C'est ce qu'on appelle la solidarité en action ! a fait remarquer Denis Lemelin, représentant du Syndicat des travailleurs et travailleuses des postes.
« Partout au Québec et au Canada, les rues nous appartiennent ! »