Adoption du budget 2012-2013 de l'Université d'Ottawa

Des étudiants pleurent la « mort » de l'éducation

Une douzaine d'étudiants portant tous le carré rouge... (ÉTIENNE RANGER, LeDroit)

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Une douzaine d'étudiants portant tous le carré rouge ont souligné la « mort d'un système d'éducation postsecondaire abordable », lundi soir.

ÉTIENNE RANGER, LeDroit

Jean-François Dugas
Le Droit

L'indignation des étudiants n'aura pas suffi pour empêcher le bureau des gouverneurs de l'Université d'Ottawa (U d'O) d'adopter le prochain budget qui comporte notamment une hausse annuelle moyenne de 4,3% aux droits de scolarité.

Malgré une série d'actions au cours des dernières semaines par des étudiants dévoués, telles diverses présentations aux dirigeants de l'U d'O pour dénoncer la hausse ou même le blocage des bureaux administratifs de l'établissement jeudi dernier, le budget a été adopté à la majorité lundi soir. Seules les représentantes de la Fédération des étudiantes de l'Université d'Ottawa (FÉUO), Nicole Desnoyers et Anne-Marie Roy, qui siègent au bureau des gouverneurs, s'y sont opposées. «Il y a des étudiants sur nos campus qui ont le fardeau de leurs dettes à payer, qui souffrent au chapitre de leurs études universitaires et même de leur santé mentale parce qu'ils doivent essayer de payer leurs frais de scolarité. Je ne peux tout simplement pas être en accord avec un budget qui demande encore plus aux membres que je représente», a déclaré Mme?Desnoyers.

Certains de ses collègues de la table décisionnelle lui ont rappelé que l'U d'O était quelque peu à la merci des décisions et des subventions gouvernementales. «Il n'y aura pas plus de fonds des gouvernements (au cours des prochaines années). La situation fiscale de l'Ontario est pire que celle du Québec», a souligné l'administrateur Jeffrey Simpson.

Funérailles symboliques

Une douzaine d'étudiants, portant tous le symbole de la grève au Québec, le carré rouge, ont écouté attentivement la réunion, dans le silence, avant de souligner la «mort d'un système d'éducation postsecondaire abordable et accessible» avec des funérailles symboliques une fois l'assemblée terminée.

«Nous sommes réunis ici pour pleurer sa mort. Son existence fut courte, mais elle laisse dans le deuil des milliers et des milliers d'étudiants qui devront porter le fardeau de sa mort, un fardeau qui durera longtemps», a déclaré lors de son «homélie» William Felepchuk, porte-parole de la FÉUO.

Les étudiants ont même entonné la Marche funèbre de Chopin, alors qu'ils quittaient la salle de réunion avec un cercueil, ce qui a fait sourire la moitié des administrateurs qui sont restés sur place pour écouter les étudiants.

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