Les négociations ont repris le temps d'une soirée, hier, entre les leaders étudiants et la ministre de l'Éducation Michelle Courchesne.
À leur arrivée à la tour de la Banque Nationale à Québec, les leaders étudiants ont été très clairs quant à leurs attentes : les discussions devront porter sur les droits de scolarité et sur une possible suspension de la loi spéciale 78 adoptée le 18 mai.
La rencontre au sommet à laquelle participent les représentants de la CLASSE, de la FECQ, de la FEUQ et de la TaCEQ s'est amorcée vers 14 h et s'est terminée vers 22 h. Elle devrait reprendre aujourd'hui à 13 h.
Position gouvernementale
Le cabinet de la ministre Courchesne a refusé de confirmer le dépôt d'une proposition gouvernementale, mais le ministre des Finances, Raymond Bachand, a confié plus tôt en matinée que sa collègue avait reçu « un mandat précis » pour « mettre des choses sur la table ».
Lors d'un court point de presse avant la rencontre, Mme Courchesne s'est contentée de dire qu'elle abordait avec « ouverture » la reprise du dialogue.
« Je me présente ici sans être fermée à rien, avec ouverture. Je pense qu'il faut être très positif et confiant. Je me présente avec toute l'énergie voulue. On va franchir les étapes une à une », a-t-elle déclaré aux journalistes.
Pour la ministre, la pression pour mettre un terme à la crise ne repose pas sur les seules épaules du gouvernement. Toutes les parties en présence ont « une obligation de résultat », a-t-elle fait valoir avant de se rendre à la table des négociations.
Les enjeux de la négociation
Mais les discussions risquent de tourner court si le gouvernement refuse d'aborder la question des droits de scolarité et d'une possible suspension de la loi 78, a soutenu le porte-parole de la CLASSE, Gabriel Nadeau-Dubois.
« Ce sont les deux enjeux prioritaires pour nous. S'il y a une fermeture complète sur ça, c'est sûr qu'on va remettre en question notre participation (aux négociations) », a-t-il dit.
Les associations étudiantes n'ont pas adopté une position commune en prévision de la nouvelle négociation, mais elles partagent la même opposition à la hausse des droits de scolarité - 1780 $ sur sept ans - et la même hostilité à l'égard de la loi 78.
À défaut d'une révision de la hausse et d'une remise en cause de la loi spéciale, il n'y aura pas de sortie de crise possible, a soutenu la présidente de la Fédération étudiante universitaire (FEUQ), Martine Desjardins. « Les deux enjeux sont liés et devront être abordés à la table. »
Son vis-à-vis de la Fédération étudiante collégiale (FECQ), Léo Bureau-Blouin, a de son côté estimé que « la balle est maintenant dans le camp du gouvernement ».
« Depuis le début on met beaucoup de pression sur les épaules des associations étudiantes pour qu'elles trouvent des solutions et on a bien hâte de voir ce que le gouvernement a à nous proposer », a-t-il dit.