Les manifestants rassemblés sous la pluie au parc Lafontaine, point de chute de l'événement, ont quitté graduellement les lieux aux alentours de 18 h, alors qu'une poignée d'irréductibles ont continué de marcher.
Après avoir sillonné le centre-ville, ils ont pris la direction du pont Jacques-Cartier, poussant les forces de l'ordre à déclarer le rassemblement illégal et à émettre deux avis de dispersion.
Le groupe a alors décidé de rebrousser chemin pour se diriger vers la place Émilie-Gamelin, lieu de départ de la 29e manifestation nocture qui s'est mise en branle vers 21 h.
Environ une demi-heure plus tard, elle a été décrétée illégale par le SPVM parce que les organisateurs n'avaient pas fourni le trajet d'avance et que certains manifestants portaient des masques. La police a toutefois précisé que le rassemblement serait toléré s'il demeurait pacifique.
Éparpillés au centre-ville
L'éparpillement des participants a caractérisé toute la manifestation d'hier, qui s'est divisée en au moins trois groupes en cours de route.
Peu de temps après le coup d'envoi à 15 h, un groupe mené par la CLASSE avait choisi d'emprunter un trajet qui n'avait pas été dévoilé, se dirigeant vers l'ouest sur la rue Sherbrooke plutôt que vers l'est, où s'est acheminée une autre portion des manifestants qui avait remis un itinéraire.
Dans un communiqué, la CLASSE avait affirmé qu'elle comptait terminer la marche au parc Lafontaine comme l'ensemble des manifestants, sans toutefois préciser par où elle passerait pour s'y rendre.
Ian Lafrenière, porte-parole du SPVM, a indiqué qu'un troisième groupe plus radical avait pour sa part décidé de commettre des actes criminels.
« Il y a des vitrines qui ont volé en éclats, des véhicules de police qui ont été endommagés et des policiers qui ont reçu des projectiles. Ce groupe-là est ensuite revenu au sein de la première manifestation », a-t-il révélé.
M. Lafrenière a déclaré qu'aucune arrestation n'avait eu lieu, les personnes ayant posé des gestes de vandalisme s'étant ensuite mêlées à celles qui manifestaient pacifiquement.
À l'opposé de la CLASSE, les Fédérations étudiantes universitaire (FEUQ) et collégiale (FECQ) avaient annoncé leurs parcours afin de respecter les limites imposées par la loi 78, tout en précisant qu'elles la contesteront devant les tribunaux.
« L'objectif de la manifestation d'aujourd'hui, c'est justement de démontrer qu'il est possible de manifester pacifiquement, mais aussi d'envoyer un signal clair au gouvernement Charest que la mesure de la loi spéciale, la ligne dure, ça ne fonctionne pas », a expliqué Léo Bureau-Blouin, président de la FECQ.
« À un moment donné, il faut discuter, il faut tendre la main aux étudiants. Il faut peut-être accepter aussi qu'on s'est trompé », a-t-il ajouté.
Sa vis-à-vis de la FEUQ, Martine Desjardins, a cependant précisé qu'il serait difficile d'entamer de nouveaux pourparlers avec le gouvernement sous l'égide de la loi 78.
« On ne peut pas négocier lorsqu'on a une épée de Damoclès au-dessus de la tête, alors que la ministre de l'Éducation (Michelle Courchesne) peut à tout moment restreindre nos droits d'association », a-t-elle dit.
Syndicats et citoyens
Dans la rue, les étudiants étaient accompagnés de représentants des grandes centrales syndicales, de même que de plusieurs syndicats d'enseignants et de plusieurs autres corps de métier, mais aussi de citoyens. La Fédération des travailleurs du Québec (FTQ) a fourni son service d'ordre pour éviter les débordements.
Avant le départ, la CLASSE avait tenu à s'exprimer en marge des deux autres fédérations étudiantes en refusant d'annoncer son itinéraire. Avec une pointe de défi, le porte-parole Gabriel Nadeau-Dubois a dit qu'il était à même de démontrer le ridicule de la loi 78 en affirmant qu'il serait impossible d'arrêter tous ceux qui font de la désobéissance civile.
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