Au total, sept autobus ont été nolisés : deux par l'AGE-UQO, trois par des étudiants du cégep, un par des représentants communautaires et un autre par un syndicat. « Ça a été très facile de remplir nos deux autobus, souligne la conseillère à la vie étudiante de l'Association générale des étudiants de l'UQO, Valérie Lavallée. Si on avait eu plus d'autobus, on les aurait remplis. »
Les étudiants québécois recevront aussi du renfort d'Ottawa, alors que des membres de l'Association des étudiants diplômés de l'Université d'Ottawa feront le trajet à bord d'un autobus.
Plusieurs personnes interrogées quelques heures avant le départ croient que tout se déroulera dans le calme, aujourd'hui, dans la métropole. Plusieurs manifestations ont tourné au vinaigre dans les derniers jours, surtout depuis l'adoption de la loi 78, qui restreint le droit de manifester.
« On s'attend à une manif comme celle du 22 mars, prévoit Mme Lavallée. On essaie de prouver qu'on peut faire les choses sans tout casser. Et montrer que le mouvement ne s'essouffle pas, même après 100 jours de grève. »
Dans ce contexte tendu, Mme Lavallée compte donner aux étudiants quelques conseils de sécurité et leur rappeler qu'un règlement antimasques est maintenant en vigueur à Montréal. Mais elle dit ne pas pouvoir « tout contrôler ».
La manifestation du 22 mars, qui a réuni environ 200 000 personnes, s'est déroulée sans heurts.
Marche dans le secteur Hull
Hier, près de 100 personnes ont marché dans les rues du secteur Hull en guise de protestation envers la loi 78. Les organisateurs n'ont pas fourni d'itinéraire précis comme l'exige la nouvelle loi, a confirmé la police sur le terrain. Les policiers ne sont toutefois pas intervenus, se contentant d'encadrer le rassemblement et de diriger la circulation.
Un étudiant du Cégep de l'Outaouais ne se surprend pas de voir des manifestants prendre la rue pour défier la loi. « C'est justement quand le fait de manifester devient la mauvaise chose à faire qu'il est temps de manifester, estime Alexandre Séguin. Le problème c'est que ce ne sont pas les éléments troubles de la manifestation qui sont ciblés selon la loi, mais la structure de l'organisation de la manifestation. On n'avait déjà pas le droit de lancer des roches aux policiers ! »