Toutes les parties dénoncent d'une même voix la judiciarisation du conflit

Appel à la discussion au Cégep de l'Outaouais

Tant les «rouges» que les «verts», représentés par... (Etienne Ranger, LeDroit)

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Tant les «rouges» que les «verts», représentés par Julien Gourde-Bouchard et Émile Catimel-Marchand, ont lancé un appel au calme.

Etienne Ranger, LeDroit

Justine Mercier
Le Droit

Direction, association étudiante, conseil de grève, syndicats, « carrés verts » et « carrés rouges » du Cégep de l'Outaouais ont dénoncé d'une même voix la judiciarisation du conflit sur la hausse des droits de scolarité, hier, en lançant un appel au calme à toutes les parties.

Alors que les différents intervenants du cégep craignaient que la mise en demeure reçue mercredi ne débouche hier sur le dépôt d'une requête en injonction, un sursis a été obtenu à la dernière minute. Le porte-parole du cégep, Simon Desjardins, a fait savoir qu'une rencontre aura lieu lundi entre des représentants de l'établissement et ceux qui ont signé la mise en demeure, pour tenter de dénouer l'impasse sans injonction.

L'avocat des étudiants derrière la mise en demeure, Me Lucien Boucher, a aussi confirmé que cette rencontre sera décisive. « Si ça échoue lundi, il y aura sûrement une injonction mardi », a-t-il indiqué.

Craintes de dérapage

Les manifestations qui ont eu lieu cette semaine après qu'une injonction eut été prononcée pour forcer l'Université du Québec en Outaouais (UQO) à donner ses cours inquiètent toute la communauté du Cégep de l'Outaouais, a indiqué le directeur général par intérim de l'établissement, Frédéric Poulin, lors d'un point de presse.

« Depuis maintenant plus de 25 jours, un conflit oppose, un conflit s'enlise, un conflit divise, a souligné M. Poulin. On regarde notre consoeur l'université. Nous en sommes à une situation où c'est rendu presque un conflit social. [...] Nous en sommes à un point où c'est rendu qu'il y a des impacts psychologiques. On ne peut pas fonctionner dans une institution d'enseignement où la peur et l'insécurité règnent. »

Le président de l'association étudiante, Jérémie Carrier, a indiqué que son organisation craint les conséquences qu'une injonction aurait au cégep. « La judiciarisation du débat crée un climat de tension qui met un risque à notre sécurité et des affrontements qui seraient inévitables, a mentionné M. Carrier. Si on tente de couper le seul moyen d'envergure qu'ont les étudiants pour se faire entendre par l'État, et ce en contournant le choix démocratique qu'ont pris les étudiants, on risque d'être témoin des mêmes atrocités qui ont eu lieu à l'UQO. »

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