Coups de matraque et poivre de Cayenne

151 arrestations: confrontation prévisible à l'UQO

La confrontation entre les manifestants et les forces de l'ordre était prévisible et elle a eu lieu, jeudi, sur les terrains de l'Université du Québec en Outaouais (UQO). Une imposante présence des forces policières, des grévistes venus de Montréal pour manifester, des rues bloquées, des coups de matraque, du poivre de Cayenne, des blessés et 151 arrestations ont ponctué une journée comme Gatineau en a rarement vécu.

Plusieurs autobus d'étudiants de Montréal sont débarqués en... (Patrick Woodbury, LeDroit) - image 1.0

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Plusieurs autobus d'étudiants de Montréal sont débarqués en Outaouais pour appuyer les étudiants en grève.

Patrick Woodbury, LeDroit

Le moment fort de la journée est survenu peu avant 13 h. Après quelques accrochages avec les policiers en avant-midi et une longue marche pacifique au son d'un saxophone dans les rues du secteur Hull, les quelque 400 manifestants ont décidé que le temps était venu de reprendre possession de « leur université ». « Il faut former une ligne de gens qui n'ont pas froid aux yeux et forcer le cordon policier devant la porte », a lancé un des leaders du groupe.

Quelques minutes plus tard, l'affrontement le plus violent de la journée éclatait devant une porte située à l'arrière du pavillon Lucien-Brault. Chargés par les manifestants, les policiers ont distribué des coups de matraque en quantité. Deux manifestants ont quitté la rixe, aidés par des compères, la tête ensanglantée. La police de Gatineau confirme qu'ils ont été victimes de lacérations à la tête. Ils ont été transportés à l'Hôpital de Hull par ambulance.

C'est à ce moment que les manifestants ont réussi leur plus grand coup d'éclat. Une porte laissée vacante par les forces de l'ordre a permis à une centaine de grévistes de s'engouffrer à l'intérieur de l'établissement. Très rapidement, les manifestants ont investi la cafétéria, suivis de près par des policiers spécialisés en contrôle de foule et de l'escouade anti-émeute.

Cette présence a irrité les étudiants, mais les nombreux appels au calme des différents leaders étudiants ont été respectés. Aucune altercation n'a eu lieu à l'intérieur.

De courtes échauffourées sans conséquence ont ponctué le reste de l'après-midi à l'extérieur pendant l'occupation.

L'image la plus frappante de l'occupation est celle d'étudiants observant un silence complet, presque solennel, en voyant l'anti-émeute investir la cafétéria. La minute de silence a pris fin par des éclats de rire de manifestants, à l'intention des policiers sur place. « On se fait accuser d'être violents, alors que là, nous sommes en silence et pacifiques, a lancé Alexandre Poulin, de l'Université du Québec à Montréal. On a un message à porter. Je souhaite de tout coeur que Lyne Beauchamp et John James Charest soient témoins de la police qui est là, blindée, qu'elle nous intimide. »

Il s'en est suivi des discussions libres sur le système de l'éducation au Québec. Après un peu plus d'une heure d'occupation, un policier a lancé dans son porte-voix que des arrestations allaient survenir pour méfait public. Sans broncher, les étudiants sont sortis un par un, escorté par un policier, jusque dans des autobus de la Société de transport de l'Outaouais, avant de prendre la direction du poste de police du secteur Hull.

«Venus pour la casse»

En point de presse en fin d'après-midi, le chef de la Police de Gatineau, Mario Harel, a condamné le manque de collaboration et le changement d'attitude de la part des leaders étudiants. «Nous avons laissé les manifestants circuler dans les rues et bloquer certaines voies publiques avec patience et tolérance, a-t-il affirmé. Nous avons toujours misé sur le dialogue. Malheureusement, au cours de la dernière semaine, des manifestations se sont organisées un peu partout et les leaders des manifestations ont refusé de collaborer. D'autres qui tenaient à maintenir le dialogue ouvert n'étaient plus en mesure de nous transmettre des informations sur les itinéraires prévus.»

Plus de détails dans LeDroit du 19 avril ou sur ledroitsurmonordi.ca

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