Plus de 160 arrestations et autant de constats d'infraction

La guerre des nerfs continue à l'UQO

La guerre des nerfs s'est déplacée dans la rue, hier (mercredi), alors que 200 manifestants contre la reprise des cours à l'Université du Québec en Outaouais (UQO) ont réclamé leur droit à la démocratie étudiante, se retrouvant prisonniers entre deux lignes de l'escouade anti-émeute de la police de Gatineau. Bilan des opérations : plus de 160 arrestations, autant de constats d'infraction et la promesse d'en découdre à nouveau aujourd'hui (jeudi).

La partie de l'injonction imposée vendredi qui interdit aux manifestants de bloquer l'entrée aux étudiants voulant assister à leurs cours a été respectée. Par contre, le groupe de protestataires a rapidement pris de l'ampleur devant le pavillon Taché de l'UQO, vers 9 h. Des dizaines de personnes ont tapé sur les vitres du pavillon, toujours sous surveillance policière, pour ensuite prendre la route, scandant leur opposition à la décision du tribunal.

La marche a été lancée en pleine rue, malgré un avertissement de la police gatinoise, la veille, de ne pas entraver la voie publique sous peine de s'exposer à des arrestations.

> Consultez nos photos de l'intervention policière

Le mouvement est demeuré pacifique tout au long de la journée, après avoir investi le boulevard Saint-Joseph et la promenade du Lac-des-Fées, où les attendaient des policiers envoyés sur place pour contrôler la foule, ainsi qu'une trentaine d'agents de l'escouade anti-émeute, qui les ont pris en souricière.

« Nos enquêteurs sont ici, a indiqué le porte-parole du corps policier, Pierre Lanthier. La Sûreté du Québec est venue nous prêter main-forte. À un certain moment donné, le torchon brûlait, comme on dit. Ce n'était pas facile à contrôler. »

Environ deux heures plus tard, un agent a fait savoir aux manifestants qu'ils pouvaient sortir, « un à un », et qu'ils devaient se rendre à quelques mètres de là pour y être identifiés, puis transportés par autobus au poste de police, pour recevoir un constat d'infraction. Quelques professeurs de l'UQO ont également été arrêtés. L'opération, qui a duré plus de quatre heures, s'est terminée en milieu d'après-midi.

Des amendes de 444 $

Quelques dizaines de supporters accueillaient les manifestants arrêtés, à leur sortie du poste de police du secteur Hull. Une amende de 444 $ pour entrave à la circulation sera envoyée aux contestataires par la poste. Ils ont également reçu l'ordre de ne pas se présenter à une manifestation concernant l'UQO pour une période de 48 heures.

Des représentants d'organismes communautaires, comme Bill Clennett, et de la Confédération des syndicats nationaux, Michel Quijada, sont venus appuyer les étudiants. « Je crois, très respectueusement pour le recteur Jean Vaillancourt, qu'il devrait démissionner, a dit Bill Clennett. Selon moi, il est à bout de ce qu'il peut faire dans cette crise. »

« Nos membres ont tous des enfants qui voudront aller aux études, a ajouté M. Quijada. L'augmentation de 75 % des frais de scolarité, c'est bloquer l'accessibilité aux études. »

Mathieu Raby-Labelle est venu de Mont-Laurier pour supporter les étudiants contre l'injonction. « On a été encerclés, puis on a dû sortir (du cordon de sécurité). Certains avaient laissé leurs cartes d'identité dans la voiture. »

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