Malgré les tentatives de l'UQO de faire lever l'injonction

L'ordre de reprise des cours tient toujours

La grève des étudiants prend une tournure judiciaire.... (Photo Le Quotidien)

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La grève des étudiants prend une tournure judiciaire.

Photo Le Quotidien

Justine Mercier
Le Droit

L'Université du Québec en Outaouais (UQO) a échoué, hier, dans sa tentative de faire lever l'injonction ordonnant la reprise des cours.

Le juge Pierre Dallaire de la Cour supérieure a entendu d'urgence, hier après-midi, la requête en modification d'injonction présentée par l'UQO après que des manifestants eurent bloqué l'accès au pavillon Alexandre-Taché. Dès le début de l'audience, le juge a précisé aux procureurs que les arguments soulevés dans la requête en modification avaient déjà fait l'objet de discussions la semaine dernière.

Les inquiétudes de l'UQO quant à une éventuelle opposition à la reprise des cours avaient en effet été mentionnées devant la juge Suzanne Tessier, qui avait émis vendredi l'injonction ordonnant la tenue de cours de façon normale jusqu'au 23 avril.

Le procureur de l'UQO, Me Marc Tremblay, a fait valoir hier qu'il y avait des « faits nouveaux », en soulignant que les événements hypothétiques qui étaient craints vendredi dernier se sont concrétisés. « Ce n'est plus une hypothèse, c'est une réalité maintenant que la santé et la sécurité des gens sont en jeu », a plaidé Me Tremblay en ajoutant que l'université ne pouvait pas, dans des conditions comme celles qui prévalaient hier, « dispenser ses cours de façon normale » pour respecter l'injonction. « Monsieur le juge, l'université ne veut pas être le théâtre d'événements tragiques », a aussi lancé le procureur de l'UQO.

Jugeant pour sa part que la requête de l'UQO ressemblait davantage à « une demande d'appel déguisée », l'avocat de la cinquantaine d'étudiants à l'origine de l'injonction, Me Lucien Boucher, a plaidé que des « préjudices irréparables » seraient causés à ses clients si les cours ne reprenaient pas. « Ils ont droit à l'éducation », a-t-il lancé.

Le juge pas convaincu

Le juge Pierre Dallaire n'a finalement pas été convaincu par les arguments de l'UQO. Il a rappelé que la juge Tessier avait en mains toutes les informations nécessaires pour rendre sa décision. « Je tiens à dire que ces incidents-là [d'hier] avaient été anticipés vendredi, c'était bien clair. »

Selon le juge, accepter de lever l'injonction pour les raisons de sécurité invoquées par l'UQO aurait été synonyme d'accepter que des gestes de violence soient commis, et cela aurait fait prévaloir « un règne de peur », au détriment du principe voulant que « tous sont soumis à la loi ». Dans sa décision, il précise que « l'injonction doit être respectée le mieux possible » par l'UQO et l'Association générale des étudiants.

Plus de détails dans LeDroit du 17 avril ou sur ledroitsurmonordi.ca

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