Peu après 6 h hier, des étudiants opposés à la hausse des droits de scolarité ont pris d'assaut le pavillon principal de l'UQO, montant tables et chaises contre les portes vitrées, empêchant la population étudiante qui voulait assister à ses cours de pénétrer à l'intérieur. Les personnes autorisées à entrer étaient triées sur le volet et portaient majoritairement du rouge.
Les manifestants ont levé le nez sur l'injonction de la Cour supérieure survenue vendredi dernier au palais de justice de Gatineau. La décision de la juge Suzanne Tessier ordonne à l'UQO de « dispenser les cours de façon normale », et à l'Association générale des étudiants de l'UQO de ne pas empêcher l'entrée des étudiants. La magistrate a de plus indiqué que toute manifestation à moins de 25 mètres des terrains de l'UQO était interdite.
Pendant ce temps, des étudiants comme Alexandra Capo-Chichi, à l'extérieur, espéraient reprendre les classes. « C'est pour la bonne cause et chacun défend ses intérêts. Mais moi, je veux aller à l'université. Je trouve cela un peu déplorable. On devrait avoir accès à l'université. Qu'on nous empêche de suivre un cours, je comprends, mais d'empêcher d'entrer en salle, c'est non. Je soutiens ces étudiants, mais je pense qu'il est temps d'essayer d'équilibrer les choses. »
Barricade « démocratique »
Les manifestants ont pu rapidement prendre possession des lieux, avantagés en nombre par rapport aux services de sécurité de l'UQO et de la Ville de Gatineau.
Le directeur des communications de l'UQO, Jean Boileau, a précisé qu'un agent de sécurité avait été posté à chaque porte du pavillon Alexandre-Taché en prévision du retour en classe, qui devait se faire hier matin. Ces ressources se sont avérées insuffisantes lorsqu'un « groupe important d'étudiants et de personnes étrangères à l'université sont entrés en masse », a indiqué M. Boileau en ajoutant que pour un seul gardien, « c'est assez difficile de pouvoir contrôler une meute ».
Des membres du comité de grève ont eu des discussions avec le rectorat et un membre du Service de police de Gatineau en début de journée, afin d'obtenir une levée de cours d'une semaine, ainsi que le droit de ravitailler les étudiants à l'intérieur. « Nous avons marché et manifesté pacifiquement, et ensuite on a décidé démocratiquement de barricader l'UQO, explique Patrick Pilon. Ça s'est fait d'une bonne manière, mais les négos, en tant que tel, il n'y en a pas eu avec le rectorat. On nous a dit de quitter en remettant les tables à leur place. »
Avec Justine Mercier
et Guillaume St-Pierre
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