Le ruisseau de la Brasserie: autopsie d'un malade

Le ruisseau de la Brasserie a longtemps utilisé... (PATRICK WOODBURY, archives LeDroit)

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Le ruisseau de la Brasserie a longtemps utilisé comme un véritable égout et dépotoir à ciel ouvert.

PATRICK WOODBURY, archives LeDroit

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Après avoir été maltraité pendant plus de 150 ans, le ruisseau de la Brasserie peut enfin espérer un peu plus de respect à son endroit.

Les projets de revitalisation et de renaturalisation du ruisseau se multiplient en cette période électorale. Pour plusieurs, ce cours d'eau mal-aimé est en voie de devenir la pierre angulaire de la revitalisation du centre-ville de Gatineau. Les politiciens y voient un axe culturel s'y greffer, avec une grande bibliothèque, des cafés, des bistros et des boutiques. Des activités récréatives pourraient avoir lieu sur le ruisseau. Les touristes et les Gatinois des quatre coins de la ville se déplaceraient pour voir ça, dit-on.

Il s'agirait de toute une réhabilitation pour ce bras de la rivière des Outaouais, longtemps utilisé comme un égout et un dépotoir à ciel ouvert par les nombreuses industries qui s'y sont installées à travers les époques.

Au tournant des années 1900, la Canada Packers Company, un immense abattoir installé sur les rives du ruisseau, déversait le sang et les carcasses d'animaux morts dans le cours d'eau. L'eau était parfois si rouge que les résidents surnommaient le ruisseau « Bloody Creek ».

Les lois ont beaucoup changé depuis, mais le ruisseau de la Brasserie demeure très pollué.

Des analyses effectuées au cours de l'été par Sentinelle Outaouais démontrent que le niveau d'E. coli dans le ruisseau est dix fois supérieur au seuil maximal recommandé par Santé Canada à des fins récréatives.

À certains endroits, le niveau d'E. coli oscille autour de 440 UFC/100 ml. Santé Canada ne recommande pas d'entrer en contact avec l'eau qui contient plus de 400 UFC/100 ml.

Résurrection du ruisseau

Giorgio Vecco, directeur général de l'Agence bassin versant des 7 (ABV des 7), précise que les égouts de la ville continuent de s'y déverser lors des grandes pluies. Il y a aussi, selon lui, des « égouts clandestins », un legs d'une époque révolue, qui se déversent directement dans le ruisseau.

« Avec toutes les industries polluantes du passé, c'est évident que la terre autour du ruisseau est contaminée par des produits toxiques », dit-il.

M. Vecco cite en exemple la renaturalisation de la rivière Saint-Charles, à Québec, pour expliquer le concept que son organisation est sur le point de présenter à la Ville de Gatineau pour le ruisseau de la Brasserie. « Les deux cours d'eau ont souffert des mêmes maux, dit-il. Une partie de leurs berges ont été bétonnées et ces cours d'eau ont été longtemps des égouts à ciel ouvert, comme une cour arrière jamais valorisée. »

Le plan que proposera l'ABV des 7 passe par l'enlèvement des berges de béton, la décontamination des terrains et du lit du ruisseau, et par des ouvrages d'ingénierie permettant de détourner les déversements d'égouts dans le cours d'eau. La vision de l'organisme reçoit déjà l'aval d'Action Gatineau et du maire sortant Marc Bureau.

Quant au candidat Jacques Lemay, même s'il qualifie le ruisseau d'élément « phare » dans le centre-ville, le cours d'eau ne fait pas partie de ses engagements dans son programme électoral, ni de son cadre financier.

* * *

 

LES CANDIDATS À LA MAIRIE ET LE RUISSEAU

Le maire sortant MARC BUREAU

- Retirer les berges de béton

- Décontaminer

- Renaturaliser les berges

- Instaurer des activités sur le ruisseau

Marc Bureau prévoit enclencher les travaux du ruisseau lors du prochain mandat. Il demeure flou sur l'échéancier et sur la hauteur des investissements. Un montant de 10 millions $ est réservé pour développer l'axe Montcalm et le ruisseau de la Brasserie. Il intègre la revitalisation du ruisseau à son mégaprojet Destination Gatineau.

Le chef d'Action Gatineau MAXIME PEDNEAUD-JOBIN

- La priorité au centre-ville

- Retirer les berges de béton

- Décontaminer

- Détourner les conduites d'égout qui s'y déversent et polluent l'eau

- Renaturaliser les berges

Action Gatineau a proposé un échéancier préciset a chiffré son engagement envers le ruisseaude la Brasserie. Un projet final serait choisi au printemps 2014 et les travaux débuteraient l'été suivant. Un montant de 16 millions $ serait investi dans le projet lors d'un premier mandat du parti.

Le candidat indépendant JACQUES LEMAY

- Voit le ruisseau comme un élément phare du développement du centre-ville

Jacques Lemay est demeuré flou quant à ses engagements pour le développement du ruisseau de la Brasserie. Son programme électoral n'en fait pas mention. Les travaux à faire pour revitaliser le ruisseau n'apparaissent pas à son cadre financier.

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