Le jeu d'équilibriste de Kathleen Wynne

La première ministre de l'Ontario, Kathleen Wynne, annoncera-t-elle... (Etienne Ranger, Archives Le Droit)

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La première ministre de l'Ontario, Kathleen Wynne, annoncera-t-elle un retour à l'équilibre budgétaire pour l'an prochain?

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Sébastien Pierroz

Sébastien Pierroz est journaliste-réalisateur pour #ONfr (www.tfo.org/onfr/), la franchise d'actualité politique de TFO.

Le Droit

CHRONIQUE / L'heure du budget se rapproche en Ontario. 27 avril ? 20 avril ? Les rumeurs continuent de circuler. Le ministre des Finances, Charles Sousa, reste pour le moment secret sur le choix de la date.

Un premier constat : le document qu'aura à présenter la première ministre, Kathleen Wynne, sera le cinquième depuis 2013... et vraisemblablement le plus délicat.

Et la chef du Parti libéral le répète depuis le début de son mandat : l'équilibre budgétaire se fera pour 2018. En réalité, Mme Wynne doit faire face au cadeau empoisonné de son prédécesseur, Dalton McGuinty, qui avait lui-même fixé à cette date le « déficit zéro ».

À première vue, on pourrait croire que le retour fort probable à l'équilibre budgétaire pour 2018, date des élections provinciales, s'annonce une nouvelle encourageante pour Kathleen Wynne. Une prouesse qui séduirait un électorat plus conservateur et gommerait l'étiquette de « gouvernement dépensier » qui colle aux libéraux depuis l'affaire des centrales au gaz.

Or, pour atteindre son objectif, Mme Wynne devra employer le scalpel dès cette année. Des décisions dont les enseignants ou encore le personnel infirmier pourraient faire les frais. Au plus bas dans les sondages, Mme Wynne ne peut se permettre de décevoir. Un vrai jeu d'équilibriste en somme.

Équilibrera-t-elle vraiment le budget ? Dans la forme, oui, dans les faits, rien n'est certain. Si le gouvernement Wynne continue de parler d'un déficit de 3,5 milliards $, la vérificatrice Bonne Lysyk affirme que celui-ci se situe autour de 5 milliards $. Une querelle qui décrédibilise un peu les « bons chiffres » avancés par la première ministre.

Les deux partis d'opposition ne sont déjà pas en reste. Cette semaine, les néo-démocrates ont déposé une motion pour qu'une perspective de genre soit ajoutée dans les prochains budgets ontariens. Un détail certes, mais qui montre que le parti d'Andrea Horwath est peut-être prêt à renforcer sa base de gauche, au moment où le parti de Mme Wynne tend à droite économiquement.

Il y a fort à parier que le chef des progressistes-conservateurs, Patrick Brown, multipliera les accusations contre les dépenses des libéraux, dans les jours précédant le budget. Tout en restant flou de son côté sur ses propres dépenses s'il arrive au pouvoir en 2018.

Du côté des Franco-Ontariens, le budget sera aussi observé avec un oeil particulier. D'une, parce que le petit pas du gouvernement libéral en faveur d'une université franco-ontarienne pourrait éventuellement se concrétiser par un geste dans le document, à l'instar d'« un fonds de démarrage ». D'autre part, car le besoin de bourses pour les étudiants vivant dans des régions éloignées se fait toujours sentir. C'est en tout cas les observations de l'Assemblée de la francophonie de l'Ontario.

Concurrencés par Patrick Brown en mode séduction auprès des francophones, et défiés par la solide députée néo-démocrate France Gélinas, les libéraux n'ont pas le choix que de faire quelques concessions aux Franco-Ontariens.

L'an dernier, Madeleine Meilleur, encore ministre déléguée aux Affaires francophones, avait demandé de « la patience » aux francophones devant le manque de références les concernant dans le budget provincial.

Pour justifier de nouvelles absences, il serait cette fois-ci inexcusable à sa successeure Marie-France Lalonde d'employer le même vocabulaire. Un sentiment de répétition qui pourrait provoquer des frustrations dans les comtés « francophones » de la région d'Ottawa et du Nord de l'Ontario, à 14 mois du scrutin.

Tout sera peut-être une simple question de vocabulaire et d'une communication parfaitement calibrée pour présenter le budget. Voilà peut-être l'une des dernières armes des libéraux de Kathleen Wynne.




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