Brigil n'a qu'à faire comme le Sheraton

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Les nouvelles tours Four Points Sheraton, dont une de 30 étages, seront situés sur la rue Laurier à Gatineau.

Courtoisie

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CHRONIQUE / Ainsi, le maire Maxime Pedneaud-Jobin et sa bande approuvent les nouvelles tours du Four Points Sheraton, dont une de 30 étages, sur la rue Laurier à Gatineau.

Sur le coup, moi aussi je me suis questionné sur la cohérence du maire qui s'est opposé avec force au projet des deux tours de Brigil, sur le terrain juste à côté.

Les tours du Sheraton et de Brigil seraient des voisines immédiates, situées sur la même rue, dans le même quartier patrimonial du Musée que le maire veut défendre à tout prix.

Comment peut-on dire oui à un projet, et non à l'autre, quand ils sont si rapprochés? Comme dirait George W. Bush, c'est un cas où t'es soit pour les tours, soit contre les tours...

Bien non, justement. 

Il y a des différences fondamentales entre les deux projets. La grosse différence, ce sont les terrains des deux promoteurs. Quand on prend le problème sous cet angle, on comprend mieux pourquoi le Sheraton n'a pas hésité à déposer un projet en bonne et due forme à la Ville alors que Brigil ne l'a pas fait.

Brigil dispose d'un terrain en forme de L d'une superficie d'environ 44 000 pieds carrés, dont une grande partie a moins de 100 pieds de profondeur. C'est donc très étroit de terrain pour ériger deux immenses tours de 35 et de 55 étages. Certains diront que c'est carrément irréaliste même si le grand patron de Brigil, Gilles Desjardins, soutient que c'est faisable.

Le Sheraton, lui, dispose d'un terrain de plus de 70 000 pieds carrés de forme carrée. Ça lui donne plus d'espace pour monter ses tours en «escaliers», une formule architecturale qui préserve mieux l'échelle humaine du quartier qu'un gros bloc de béton construit d'une pièce.

Pour vous donner une idée de comment la superficie et la forme du terrain revêtent une importance vitale pour éviter d'écraser les alentours, le projet du Groupe Dallaire, à Québec, se ferait sur un immense terrain de 260 000 pieds carrés.

En outre, le Sheraton bâtira ses tours sur un de ces hideux terrains de stationnement à ciel ouvert qui enlaidissent le centre-ville. Alors que Brigil construira sur de l'existant. Là aussi, avantage Sheraton.

***

J'entendais Gilles Desjardins dire qu'il se sentait «trahi» en entrevue au FM 104.7. Il ne comprend pas pourquoi la Ville favorise le Sheraton au détriment d'un bâtisseur local comme lui. 

Et à la veille d'une année électorale, il s'en trouvait pour prendre sa défense au conseil municipal. Sans nommer Brigil, la candidate à la mairie, Sylvie Goneau, a laissé entendre qu'on avait «bloqué» son projet, stoppé l'innovation et empêché la création de richesse...

Alors je pose la question: comment peut-on bloquer un projet qui n'a jamais été déposé à l'hôtel de ville?

Contrairement à Brigil, le Sheraton a déposé un projet précis à la ville. Avec, à l'appui, des études de circulation, de vent et d'ombrage, comme ça devrait toujours se faire pour des projets d'envergure qui ont le potentiel de changer le visage du centre-ville.

Le Four Points a négocié pendant un an et demi avec la Ville pour peaufiner son projet. On est parti d'un concept de grosse boîte carrée à des tours vitrées en escalier, avec une jolie place publique devant l'ancien presbytère. 

Les négociations se sont faites à partir d'études, et non sur la base d'une campagne de marketing -- la stratégie choisie par Brigil. Avec le résultat qu'on se retrouve aujourd'hui avec un projet à la fois créateur de richesse et largement accepté.

S'il veut obtenir le même traitement que le Sheraton, Brigil n'a qu'à faire pareil et à déposer un projet en bonne et due forme à la Ville.

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