Du fric, un plan, du français pour 2016

La pression s'annonce forte sur la première ministre... (Patrick Woodbury, Archives LeDroit)

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La pression s'annonce forte sur la première ministre Kathleen Wynne en 2016.

Patrick Woodbury, Archives LeDroit

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Alex Boissonneault

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Le Droit

CHRONIQUE / À la première ministre Kathleen Wynne, je souhaite un classique: de la santé et de l'argent. Elle en aura besoin en 2016.

La pression s'annonce forte. D'un côté, ses appuis au sein de la population sont au plus bas (environ 30%, selon Angus Reid) et de l'autre, ses ambitions coûtent aussi cher que l'argent se fait rare.

Il faudra plus que de la bière dans les épiceries - ou même du cannabis à la Régie des alcools - pour oublier les accusations portées cette semaine contre les deux personnes les plus influentes du cabinet de son prédécesseur Dalton McGuinty. L'ancien chef de cabinet David Livingston et son adjointe Laura Miller ont peut-être abusé de la confiance du public il y a plus de trois ans, mais c'est tout le Parti libéral qui est secoué par ces allégations.

L'année 2016 sera aussi un tour de force financier. Un milliard pour un train léger à Hamilton, 5,3 milliards $ pour le TLR Eglington Crosstown à Toronto, 600 millions $ pour la ligne de la Confédération à Ottawa: les promesses sont nombreuses et le gouvernement jure qu'il est en voie d'équilibrer le budget dès 2017-2018.

Le ministre des Finances, Charles Sousa, a dû faire preuve d'imagination dans son énoncé économique, pour se vanter d'avoir encore dépassé les attentes avec la réduction du déficit. Il lui a fallu mettre dans la colonne des revenus l'argent de la vente des premières actions d'Hydro One alors qu'il a promis que cet argent serait placé dans un fonds indépendant de la province.

En fait, même le directeur du Bureau de la responsabilité financière est inquiet.

En plus de noter que le ministre Sousa a tendance à embellir ses états financiers, Stephen LeClair a cru bon de rappeler au gouvernement que la vente planifiée de 60% d'Hydro One privera la province d'un revenu qui pourrait atteindre 500 millions $ par année.

Insaisissable Brown

Le chef de l'opposition officielle reste insaisissable. Ce n'est pas nécessairement une bonne chose, parce qu'à vouloir satisfaire la gauche et la droite, le chef conservateur Patrick Brown risque de perdre plus d'amis qu'il n'en gagne.

En mai, le jeune député de Simcoe-Nord est devenu chef de son parti grâce au soutien des conservateurs les plus orthodoxes. Il a rapidement pris ses distances par rapport à ses anciens amis. Pourtant, même l'aile «progressiste» du parti se demande sur quel pied danser: nous avons affaire à un conservateur qui s'oppose à la fois à la réforme de l'éducation sexuelle, aux hausses d'impôts, à la privatisation d'Hydro One, à la réduction du salaire des médecins et aux compressions en éducation.

Avec l'entrée en scène de Brown, deux chefs sur trois peuvent maintenant s'exprimer en français à Queen's Park. Qui aurait cru qu'on parlerait ici d'une libérale et d'un conservateur. Le NPD, bien enraciné dans des régions comme le sud-ouest et le nord de l'Ontario, a toujours compté sur une forte présence francophone dans ses rangs. 

On n'est jamais trop vieux pour apprendre, comme dit l'adage. Andrea Horwath aurait tout intérêt à consacrer quelques heures par semaine à l'apprentissage du français en 2016. Et si elle a besoin d'aide, son caucus ne manque pas de ressources avec des députés comme France Gélinas, Gilles Bisson, Peter Tabuns, Taras Natyshak ou Jagmeet Singh.

***

Petite note: ceci est ma dernière chronique ontarienne en 2015. De retour en janvier.

Alex Boissonneault est correspondant parlementaire pour ICI Radio-Canada à Toronto.

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