Dernier regard sur Hydro One

Dommage que le rapport de la vérificatrice générale... (Darren Calabrese, PC)

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Dommage que le rapport de la vérificatrice générale Bonnie Lysyk soit aussi indigeste, parce qu'en vérité, c'est une mine d'information que tous les contribuables devraient lire.

Darren Calabrese, PC

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Alex Boissonneault

Collaboration spéciale

Le Droit

CHRONIQUE / La vérificatrice générale de l'Ontario a déposé son rapport annuel cette semaine. Le lecteur se retrouve devant cette brique de 889 pages comme devant l'entrée d'un labyrinthe.

Si Bonnie Lysyk s'était contentée de présenter ses conclusions sur les 14 enquêtes qu'elle a menées, ce serait déjà beaucoup, mais il y a aussi les réponses des ministères, les suivis des audits de 2013, les recommandations d'usage, les annexes, etc. Dommage que le document soit aussi indigeste, parce qu'en vérité, c'est une mine d'information que tous les contribuables devraient lire.

L'opposition aurait tout intérêt à le faire. À elles seules, les révélations sur la distribution de l'électricité en Ontario peuvent lui fournir des munitions au moins jusqu'aux élections de 2018. Surtout que c'est la dernière fois qu'Hydro One tombe sous la loupe d'un vérificateur public.

Le réseau routier ontarien peut faire l'envie des Québécois. Mais pour ce qui est du réseau électrique, la Belle Province a une sacrée longueur d'avance, à en croire Mme Lysyk. Dans son rapport, elle constate qu'Hydro One, le plus important distributeur d'électricité de l'Ontario, est de moins en moins fiable, mais de plus en plus cher à entretenir.

Entre 2010 et 2014, le nombre de pannes a bondi du quart, elles sont plus longues et les coûts d'entretien du système ont augmenté de 30%. Faut-il rappeler que les Ontariens comptent parmi les Canadiens qui payent leur électricité le plus cher? Leur facture a même augmenté de 70% durant la dernière décennie.

Or, toujours selon le rapport, pour «justifier ses hausses de tarifs» auprès de la Commission de l'énergie, Hydro One cite le besoin de remplacer de l'équipement que la compagnie a décidé, au préalable et en toute connaissance de cause... de conserver.

Un bel exemple de l'information mise au jour par le bureau de la vérificatrice, de l'information à laquelle les Ontariens n'auront plus accès - en tout cas, plus de cette façon - avec la privatisation partielle du distributeur.

La valse des milliards

Trente-sept milliards de dollars: ça en fait des hôpitaux, des autoroutes, ou même des télévisions 3D. C'est ce que les consommateurs d'électricité auraient payé en frais d'ajustement global entre 2006 et 2014. Des frais qui incluent des «paiements supplémentaires excédentaires aux producteurs, supérieurs au prix du marché [sic]». En d'autres mots, ça veut dire de l'argent versé inutilement. Imaginez 133 milliards $. C'est ce que ces frais devraient coûter dans les 17 prochaines années, croit Bonnie Lysyk.

Le ministre de l'Énergie Bob Chiarelli jure que de dire que ces frais signifient que les consommateurs ont «payé plus que nécessaire» est faux. Pourquoi? Parce que ce montant couvre le «prix réel» de la production d'électricité. Il inclut par exemple l'argent versé pour encourager les compagnies à construire de nouvelles centrales ou les frais liés à la protection de l'environnement.

Le ministre a peut-être raison. Avec tous ces chiffres et le langage des fonctionnaires, il faudrait prendre le temps d'y voir plus clair. Hélas! Le lendemain du dépôt du rapport annuel, que faisait M. Chiarelli? Il convoquait la presse pour une «annonce importante» sur la mise à niveau de la centrale de Bruce, sur les rives du lac Huron.

Alex Boissonneault est correspondant parlementaire pour Ici Radio-Canada à Toronto. Vous pouvez l'entendre régulièrement à l'émission Les voies du retour sur Ici Radio-Canada Première.

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