Wynne sable le champagne

La mésentente entre Kathleen Wynne et Stephen Harper... (Etienne Ranger, Archives LeDroit)

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La mésentente entre Kathleen Wynne et Stephen Harper était bien connue.

Etienne Ranger, Archives LeDroit

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Alex Boissonneault

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Le Droit

(TORONTO) CHRONIQUE / Il faut rendre à César ce qui est à César. Kathleen Wynne a remporté son pari, et elle l'a fait contre vents et marées.

Durant les 78 jours de la campagne électorale fédérale, elle a été accusée de partisannerie outrancière et de mettre en péril la relation entre Queen's Park et Ottawa. Certains lui ont même reproché de nuire à l'équipe de Justin Trudeau, en associant à l'équipe libérale des mesures impopulaires comme la vente partielle de Hydro One.

Mais la première ministre ontarienne n'a pas bronché. Elle a multiplié les efforts jusqu'à faire campagne sur le terrain avec les candidats du PLC. Pas étonnant que quelques heures à peine après la victoire libérale, elle était à l'Assemblée législative, radieuse, blaguant sur «son sourire qui n'a rien à voir avec les Blue Jays».

Le jeu en valait-il la chandelle? Certainement, selon la première ministre. Elle n'a pourtant pas tardé à mettre les Ontariens en garde: «J'ai appuyé Justin Trudeau mais ça ne veut pas dire que nous serons toujours d'accord.»

Les gouvernements fédéral et provincial ne seront pas toujours sur la même longue d'ondes. Là-dessus, il est permis de remettre en question la candeur de la première ministre Wynne. Alors qu'il y a deux semaines, elle avait clairement laissé entendre qu'elle serait prête à abandonner son plan de régime de retraite provincial advenant une victoire libérale, elle a rectifié le tir cette semaine, disant que la partie n'était pas gagnée. Même si son nouvel homologue est ouvert à bonifier le régime de pensions du Canada, il faut obtenir l'accord des autres provinces.

Justin Trudeau ne partage pas non plus la même vision que le gouvernement Wynne sur la tarification du carbone par exemple. Le gouvernement fédéral ne sera pas le chantre d'un marché du carbone comme celui qui unit l'Ontario, le Québec et la Californie.

Un partenaire

Par-delà les inévitables différences d'opinions entre les deux chefs de gouvernement, l'important, répète la première ministre, «c'est d'avoir maintenant un vrai partenaire à Ottawa, ouvert à la discussion avec les provinces.» Et incidemment, qui partage plusieurs priorités avec Kathleen Wynne.

M. Trudeau a promis de doubler, ou presque, les investissements fédéraux dans les infrastructures au cours de la prochaine décennie, en injectant 60 milliards $ supplémentaires. Il a aussi promis de financer le tiers du projet SmartTrack pour l'expansion du transport en commun à Toronto.

De la musique aux oreilles de Kathleen Wynne, qui veut investir 130 milliards $ sur 10 ans dans les infrastructures, dont 29 milliards $ dans le transport en commun, alors qu'elle a toujours les mains liées par un déficit budgétaire.

Enfin, et c'est un aspect non négligeable de la bonne relation Wynne-Trudeau, les deux politiciens ne partagent pas que des priorités. Ils partagent aussi des valeurs, dont une conception similaire du vivre-ensemble canadien. La première ministre saluait encore mardi la position du PLC sur le port du niqab durant la cérémonie d'assermentation citoyenne. Comme Justin Trudeau, elle n'y voit rien de mal et répète que le sujet «divise les Canadiens». Faut-il rappeler cependant que les sondages d'opinion laissent croire le contraire. Quatre Canadiens sur cinq s'opposeraient au port du voile controversé. Rarement voit-on pareil consensus en politique.

Alex Boissonneault est correspondant parlementaire pour ICI Radio-Canada à Toronto.

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