Ouragan Irma : au moins sept morts dans les Caraïbes

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Image aérienne des dégâts sur l'île de Saint-Martin.

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Associated Press

Le bilan du passage de l'ouragan Irma s'élevait à au moins sept morts, jeudi, alors que le plus puissant ouragan jamais vu dans l'océan Atlantique poursuivait sa trajectoire de destruction dans les Caraïbes.

Au moins quatre personnes ont été tuées et une cinquantaine d'autres blessées dans les territoires français des Antilles, a fait savoir le premier ministre Édouard Philippe. Une victime aurait été blessée grièvement et deux autres seraient dans un état sérieux. Le ministre de l'Intérieur Gérard Collomb avait précédemment fait état de huit morts.

M. Collomb a annoncé l'envoi de 100 000 rations d'urgence vers Saint-Martin - une île à la fois française et néerlandaise - et Saint-Barthélemy, ce qui devrait suffire à les approvisionner pendant quatre jours.

Au moins une personne est morte à Sint Maarten, selon le ministère néerlandais de l'Intérieur. De nombreuses personnes ont été blessées et le bilan reste incomplet, a précisé Ronald Plasterk. Des problèmes d'ordre public, notamment des pillages, ont été signalés dans le territoire, a-t-il ajouté.

L'ouragan Irma a provoqué une panne de courant sur plus de la moitié du territoire américain de Porto Rico, matraquant l'île avec des vents violents et des pluies diluviennes en passant au large de ses côtes. Environ un million de personnes étaient touchées par des pannes dans l'île, et quelque 50 000 autres étaient privées d'eau courante. Quatorze hôpitaux ont eu recours à leurs génératrices d'urgence. Certains secteurs de l'île pourraient être privés d'électricité pour les six prochains mois.

L'ouragan devrait atteindre la République dominicaine et Haïti jeudi, puis se diriger vers les Bahamas en soirée, avant de s'approcher de Cuba vendredi. Le Centre national des ouragans des États-Unis a prévenu qu'Irma demeurera un ouragan de catégorie 4 ou 5 pendant cette période.

Le ministère haïtien de l'Intérieur a ordonné l'évacuation des zones côtières du nord du pays, notamment Port-de-Paix et l'île de la Tortue. Des abris temporaires ont été mis sur pied par l'agence de protection civile. Haïti ne devrait pas être frappée directement par l'ouragan, mais les pluies diluviennes et les fortes marées pourraient provoquer des inondations dangereuses.

L'évacuation des zones côtières est obligatoire, mais le gouvernement haïtien n'a pas suffisamment de policiers pour s'assurer que l'ordre est respecté. On ne sait pas combien de personnes sont restées dans les zones censées être évacuées.

Les autorités peinent à venir en aide aux îles dévastées par l'ouragan de catégorie 5 et ses vents de près de 300 kilomètres/heure. Les communications sont très difficiles dans la région et les détails émergent au compte-gouttes.

Des îles dévastées

Pratiquement tous les édifices de Barbuda ont été endommagés lorsque l'oeil de la tempête est passé presque directement au-dessus de l'île, tôt mercredi. Environ 60 pour cent de ses 1400 habitants ont perdu leur toit, a dit le premier ministre d'Antigua-et-Barbuda, Gaston Browne.

M. Browne a prévenu que l'île mettrait des mois, voire des années à se relever. Il a par ailleurs annoncé qu'un bambin de deux ans avait été tué alors que sa famille tentait de fuir un bâtiment ravagé.

On déplore aussi un décès sur l'île voisine d'Anguilla, où les responsables font état de dégâts «graves et parfois critiques» à l'aéroport, aux hôpitaux, aux abris et aux écoles. Environ 90 pour cent des routes seraient devenues impraticables. Des maisons et des édifices commerciaux ont aussi été lourdement endommagés sur les îles Vierges britanniques. Les dégâts seraient moins importants à Montserrat, un autre territoire britannique.

D'importants dommages ont aussi été rapportés dans l'île franco-néerlandaise de Saint-Martin. La France a envoyé en urgence des provisions d'eau et de nourriture. Elle a fait de même à Saint-Barthélemy, où Irma a arraché des toits et rompu le réseau d'électricité. Des photos mises en ligne sur les réseaux sociaux montrent que l'aéroport de Philipsburg a été lourdement endommagé et le petit village côtier de Marigot inondé.

Le premier ministre néerlandais Mark Rutte a demandé à ses concitoyens de faire des dons à la Croix-Rouge en réponse à cette tempête aux «proportions épiques». Il a évoqué la «destruction répandue des infrastructures, des maisons et des commerces».

«Il n'y a pas d'électricité, pas d'essence, pas d'eau courante. Les maisons sont inondées, les voitures flottent dans les rues, les habitants sont dans le noir, dans des maisons ruinées, et ils sont coupés du reste du monde», a-t-il dit.

Des millions de personnes touchées

Selon les Nations unies, quelque 37 millions de personnes pourraient être touchées par Irma.

Le Centre national des ouragans a par ailleurs annoncé que deux autres ouragans s'étaient formés dans l'océan Atlantique. José ne représente pas un risque pour la terre ferme en ce moment, mais sa trajectoire pourrait changer. José provoque des vents allant jusqu'à 140 kilomètres/heure et prend de la puissance rapidement.

Une autre tempête tropicale, Katia, s'est rapidement transformée en ouragan dans le golfe du Mexique, près des côtes. Katia entraînait des vents de 130 kilomètres/heure et devrait se rapprocher de l'État mexicain de Veracruz, jeudi et vendredi.

Seuls quatre autres ouragans (Allen en 1980, Gilbert en 1988, Wilma en 2005 et une tempête qui a frappé les Keys de la Floride en 1935) ont généré des vents aussi puissants que ceux d'Irma. Ces tempêtes ont toutefois frappé dans la mer des Caraïbes et dans le golfe du Mexique, où l'eau est habituellement plus chaude que dans l'Atlantique.

Un Québécois vivant à Saint-Martin a vécu une expérience «terrifiante»

Un Québécois vivant sur l'île de Saint-Martin affirme que l'ouragan Irma a été l'expérience la plus terrifiante de sa vie.

Irma a fait des ravages dans le nord des Caraïbes, faisant au moins dix morts et des milliers de sans-abri après avoir détruit des édifices et déraciné des arbres. L'ouragan se dirige maintenant vers la Floride, où son passage pourrait avoir des effets catastrophiques.

René H. Lépine raconte que la tempête a eu des conséquences désastreuses lors de son passage, mercredi, à Saint-Martin, où il est promoteur immobilier. Il a expliqué à La Presse canadienne qu'environ le tiers des maisons sur Saint-Martin sont devenues inhabitables et que l'île n'a plus d'eau depuis environ 36 heures.

M. Lépine a ajouté que la grande inquiétude, maintenant, est liée au fait que la principale chaîne d'approvisionnement de Saint-Martin, à Miami, subira bientôt le passage d'Irma et qu'un autre ouragan de plus faible intensité, Jose, devrait frapper l'île samedi.

L'armée canadienne se prépare

Par ailleurs, les Forces armées canadiennes ont ordonné à un navire de guerre posté à Halifax de se préparer à intervenir si son aide devenait nécessaire après le passage de l'ouragan Irma.

L'armée canadienne affirme effectuer une «planification militaire prudente» et des préparations afin de pouvoir prêter main-forte, si Ottawa le demande.

Elle ajoute que la frégate NCSM St. John's, rentrée à Halifax il y a six semaines après une mission de six mois dans la mer Méditerranée, a été sélectionnée pour appuyer les opérations de reconstruction.

La Croix-Rouge canadienne a de son côté invité la population à lui verser des dons afin qu'elle puisse déployer des opérations d'urgence destinées à aider les victimes du passage du puissant ouragan Irma.

La Croix-Rouge estime à plus de 31 millions le nombre de personnes qui seront touchées par le passage d'Irma dans les Caraïbes et les États-Unis.

Conrad Sauvé, président et chef de la direction de la Croix-Rouge canadienne, s'attend à des besoins pressants, notamment sur le plan du logement, de l'eau, de la nourriture et des soins de santé.

La Croix-Rouge canadienne est présente dans la région et coordonne ses activités avec la Fédération internationale des Sociétés de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge en vue d'appuyer les équipes régionales de la Croix-Rouge mobilisées sur les lieux.

Les Canadiens souhaitant venir en aide aux personnes touchées sont encouragés à faire un don au fonds «Ouragan Irma» de la Croix-Rouge canadienne en se rendant à l'adresse www.croixrouge.ca, en composant le 1 800 418-1111 ou en communiquant avec leur bureau local de la Croix-Rouge canadienne.

La Presse canadienne

Les voyageurs touchés par Irma pourraient être admissibles à un remboursement

Les voyageurs québécois touchés par l'ouragan Irma ayant fait affaire avec une agence de voyages titulaire d'un permis de l'Office de la protection du consommateur pourraient se faire rembourser certains frais.

L'Office précise que ces voyageurs pourraient être admissibles au Fonds d'indemnisation des clients des agents de voyages et les invite à conserver leurs factures s'ils subissent des pertes ou doivent effectuer des dépenses supplémentaires en raison des événements météorologiques exceptionnels.

«Le fournisseur est tenu de donner le service, donc dans la mesure où il est incapable de fournir le service, même s'il s'agit d'une situation hors de son contrôle, il est tenu de rembourser le client. Normalement, tous les services qu'on a achetés et qu'on ne peut pas recevoir à cause de l'événement devraient être remboursés», a expliqué le porte-parole de l'Office de la protection du consommateur, Charles Tanguay.

Les voyageurs peuvent communiquer avec l'Office à ce sujet et télécharger le formulaire de réclamation accessible sur son site web.

Au Québec, la loi impose aux agences de voyages d'être titulaires d'un permis de l'Office de la protection du consommateur et de fournir un cautionnement. Les agences de voyages ont aussi l'obligation de percevoir les contributions des voyageurs au Fonds d'indemnisation des clients des agents de voyages, qui correspondent à 1 $ pour chaque tranche de 1000 $ dépensés en services touristiques.

L'ouragan Irma, le plus puissant à s'être formé dans l'Atlantique, se dirige vers la Floride, qu'un grand nombre de Québécois choisissent chaque année comme destination voyage.

La Presse canadienne

La Floride se prépare à l'arrivée d'Irma

Des résidants de la région métropolitaine de Miami ont reçu un ordre d'évacuation jeudi matin, à l'approche de l'ouragan Irma et de ses vents destructeurs.

Lors d'une tournée médiatique jeudi matin, le gouverneur Rick Scott a demandé aux Floridiens de se plier aux ordres d'évacuation. Il a aboli les péages sur les autoroutes de l'État et conseillé à ceux qui pensent partir de le faire «maintenant».

M. Scott a prévenu qu'Irma est «plus rapide, plus forte et plus puissante» qu'Andrew, le dernier ouragan de catégorie 5 à avoir balayé l'État. Il a évoqué un ouragan «nucléaire» sur les ondes du réseau CNN.

Les maires des comtés de Miami-Dade et de Broward ont lancé des ordres d'évacuations pour le cordon d'îles et pour les zones de faible altitude de cette région métropolitaine de six millions d'habitants, où les météorologues prédisent des vents de près de 300 kilomètres/heure tôt dimanche.

Le Centre national des ouragans des États-Unis, à Miami, prévient qu'Irma pourrait survoler toute la péninsule de la Floride et se rendre jusqu'en Géorgie et dans les Carolines. Ces États ont également déclaré des situations d'urgence, mais aucune évacuation n'y a encore été ordonnée.

Le gouverneur Scott a déclaré un état d'urgence alors que les résidants s'empressaient de placarder leurs maisons, de vider les étagères des supermarchés et de remplir leurs voitures d'essence.

La procureure générale de la Floride, Pam Bondi, a révélé que son bureau a reçu plus de 1500 plaintes concernant des prix exorbitants, surtout en ce qui concerne l'eau, la nourriture et l'essence.

Environ 25 000 personnes ont évacué la région des Keys, après que tous les touristes eurent été renvoyés chez eux. Un bouchon interminable s'est formé sur la seule autoroute qui relie l'archipel au continent. Une veille d'ouragan est maintenant en vigueur pour les Keys et des secteurs du sud de la Floride, entre Jupiter Inlet et Bonita Beach.

L'ouragan Andrew et ses vents de 265 kilomètres/heure ont frappé tout juste au sud de Miami en 1992, faisant 65 morts et infligeant des dommages évalués à 26 milliards $ US. Il s'agissait à ce moment de la plus dispendieuse catastrophe naturelle de l'histoire des États-Unis.

Associated Press

Des Québécois se préparent en Floride

Alors que les Québécois et les Canadiens en Floride s'arrachent les derniers billets d'avion pour rentrer au pays et échapper à l'ouragan Irma, Jane Skelton, elle, se rend sur la côte en Floride pour être avec sa famille et protéger sa maison.

Mme Skelton est originaire du Québec mais habite à Boca Raton en Floride depuis 23 ans.

Elle veut aller placarder sa maison, mettre des panneaux de bois dans ses fenêtres et fermer ses volets. Tout ce qui est au rez-de-chaussée sera mis au second étage, en cas d'inondation.

Il faut que le toit tienne, espère-t-elle.

La dame rencontrée à l'aéroport de Toronto en attendant son vol pour Fort Lauderdale a déjà vécu six ouragans.

Mais la puissance d'Irma, qui est l'ouragan le plus puissant à s'être formé dans l'Atlantique, l'inquiète. Les images récentes de la ville de Houston complètement inondée l'ont marquée. La Floride est dans la trajectoire d'Irma et devrait être touchée ce week-end.

Après avoir sécurisé sa maison, Mme Skelton, qui est médecin, ira se réfugier à quelques kilomètres de là, chez des amis, avec sa famille.

Jonathan Gagnon, de Québec, qui est sur le même vol, se rend à Fort Lauderdale uniquement pour récupérer son véhicule récréatif. Il va aller le chercher près de Pompeo Beach dès que l'avion atterrira et prendra la route immédiatement vers le nord, assure-t-il.

La Presse canadienne




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