En quête d'un mandat fort, Theresa May perd sa majorité

La première ministre britannique, Theresa May, en route... (Justin Tallis, AFP)

Agrandir

La première ministre britannique, Theresa May, en route vers le Palais de Buckingham pour rencontrer la reine Élisabeth II.

Justin Tallis, AFP

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page
Jill Lawless, Danica Kirka
Associated Press
Londres

Refusant de démissionner au lendemain d'une raclée électorale qui a coûté sa majorité parlementaire à son Parti conservateur, la première ministre britannique sortante Theresa May a confirmé vendredi qu'elle a l'intention de demeurer en poste avec l'appui du Parti unioniste démocrate (DUP).

Ce revers électoral ajoute une dose importante d'incertitude aux négociations du Brexit qui doivent débuter dans dix jours. Le DUP, qui représente l'Irlande du Nord, est en faveur d'un «Brexit doux», contrairement au «Brexit dur» proposé par Mme May, et sa chef Arlene Foster risque d'exiger des concessions en ce sens pour appuyer les conservateurs.

L'Irlande du Nord a voté en faveur d'un divorce avec l'UE lors du référendum de juin 2016.

Le visage sombre, Mme May a déclaré vendredi que les conservateurs et le DUP formeront ensemble un nouveau gouvernement «qui sera source de certitude et mènera le Royaume-Uni en avant en cette période cruciale».

«Ce gouvernement guidera le pays au travers des négociations cruciales du Brexit, a-t-elle déclaré après être allée rencontrer la reine Élisabeth II, vendredi midi, pour lui demander la permission de former un nouveau gouvernement. Nous respecterons la volonté du peuple britannique de sortir le Royaume-Uni de l'Union européenne.»

Avec le résultat de cette élection anticipée, que Mme May avait organisée pour obtenir un mandat plus fort face à l'UE, les conservateurs ont maintenant misé - et perdu - deux fois sur le Brexit. Le prédécesseur de Mme May, David Cameron, avait demandé aux Britanniques, en juin 2016, s'ils souhaitaient ou non demeurer membres de l'UE, déclenchant un divorce qui réduira à 27 le nombre de membres du bloc en 2019.

M. Cameron s'est trompé en misant que les Britanniques ne voudraient pas rompre leur myriade de liens avec l'UE, mais il avait promis d'organiser un référendum sur le Brexit pendant la campagne électorale de 2015. Il a démissionné quand les électeurs ont fait un autre choix, laissant à Mme May le soin de nettoyer les dégâts.

Plusieurs leaders européens, ébranlés par le fait de devoir maintenant négocier avec un gouvernement britannique fragilisé, ont insisté vendredi pour dire que Londres ne devrait attendre aucune prolongation du délai de deux ans prévu pour conclure les négociations du Brexit.

Après le dépouillement de 649 des 650 sièges en jeu, les conservateurs comptaient 318 élus, soit nettement moins que les 326 requis pour une majorité et que les 330 dont ils disposaient quand Mme May a décidé d'appeler les électeurs aux urnes trois ans plus tôt que prévu.

Le Parti travailliste de Jeremy Corbyn récoltait 261 sièges, contre 35 pour les indépendantistes écossais, 12 pour les libéraux démocrates et dix pour le DUP.

Le Parti national écossais perd ainsi une vingtaine de sièges, ce qui signifie vraisemblablement qu'aucun nouveau référendum sur l'indépendance ne sera organisé à court terme.

Le Parti vert a fait élire un candidat, mais le Parti pour l'indépendance du Royaume-Uni (UKIP) a fait chou blanc et son leader Paul Nuttall a immédiatement remis sa démission.

Les appels à la démission de Mme May se multipliaient vendredi et plusieurs croient que ses jours sont comptés.

La livre sterling s'est effondrée, perdant 3 cents US face au dollar américain.




publicité

publicité

Les plus populaires

Tous les plus populaires
sur lapresse.ca
»

publicité

Autres contenus populaires

publicité

image title
Fermer