Assad ouvert à la tenue d'une élection présidentielle

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Le chef de l'État syrien, Bachar al-Assad

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Agence France-Presse

Le chef de l'État syrien Bachar al-Assad s'est dit prêt à la tenue d'une élection présidentielle anticipée avant la fin de son mandat en 2021, comme le prévoit une résolution de l'ONU visant à mettre fin au conflit en Syrie.

Sur le terrain, au moins 33 personnes ont été tuées jeudi dans des frappes de l'aviation syrienne sur un bastion rebelle à l'est de Damas, selon une ONG syrienne.

«Y-a-t-il une volonté populaire pour tenir des élections présidentielles anticipées? Si oui, je n'ai pas de problème avec cela», a dit M. Assad dans un entretien à l'agence de presse officielle russe Ria-Novosti diffusé jeudi.

Le mandat de M. Assad s'achève théoriquement en 2021, mais la résolution 2254 de l'ONU, qui établit une feuille de route pour une solution politique à la guerre, prévoit la tenue d'élections parlementaires et présidentielle dans les 18 mois.

Cette feuille de route comprend également, entre autres, des négociations entre l'opposition et le régime, dont un premier round a eu lieu du 14 au 24 mars à Genève, et la constitution d'un organe de transition.

Le sort réservé à M. Assad dans les futures institutions reste cependant la principale pierre d'achoppement entre le régime et l'opposition, ainsi qu'entre leurs alliés respectifs Moscou et Washington, les premiers assurant que seul le peuple syrien peut décider de son avenir, les seconds appelant à son départ.

Gouvernement de transition

Dans un premier volet de l'interview diffusé mercredi par Ria-Novosti, M. Assad avait réitéré son appel à un gouvernement de transition rassemblant ses fidèles et l'opposition, et il avait rejeté l'idée d'un «organe de transition aux pleins pouvoirs» défendue par l'opposition.

M. Assad a été réélu en 2014 pour un troisième mandat de sept ans. Ce scrutin a été qualifié de farce par l'opposition et par les pays occidentaux. Des élections parlementaires sont prévues le 13 avril prochain.

Dans la Ghouta orientale, une région située à la lisière est de Damas qui est un fief de l'influente faction rebelle Jaich al-Islam (l'Armée de l'islam), l'aviation du régime y a mené jeudi des frappes sur la localité de Deir al-Assafir qui ont fait 33 morts, dont neuf femmes et 12 enfants, selon une ONG syrienne, l'Observatoire syrien des droits de l'homme (OSDH).

L'ONG a déclaré qu'il s'agissait de «la plus grave violation» de la trêve survenue dans la Ghouta orientale. Un cessez-le-feu négocié par la Russie et les États-Unis est entré en vigueur fin février dans les zones de combats entre le régime et les rebelles.

Le département d'État américain s'est dit «horrifié» par «des frappes aériennes attribuées au régime Assad» sur Deir al-Assafir. Dans un communiqué, le département d'État a déclaré que les frappes avaient touché «une école et un hôpital de la banlieue de Damas».

Cinq années de guerre ont plongé le pays dans une situation humanitaire catastrophique, avec notamment des centaines de milliers de personnes assiégées et manquant de tout.

Les Kurdes visent Raqa

L'ONU et ses partenaires ont pu livrer une aide à 399.452 personnes assiégées ou vivant dans des régions difficiles d'accès depuis le début de l'année, a indiqué Jan Egeland, le conseiller spécial pour l'aide humanitaire de l'émissaire de l'ONU Staffan de Mistura.

Dans le nord du pays, un commandant militaire tunisien de l'organisation jihadiste État islamique (EI) a été tué mercredi soir par une frappe «très probablement menée par la coalition dirigée par les États-Unis», a annoncé l'OSDH.

La frappe, menée près de Raqa, bastion de l'EI, intervient après une série de revers pour le groupe jihadiste en Syrie, notamment la perte de la cité antique de Palmyre (centre), reprise dimanche par l'armée avec l'appui de la Russie.

L'EI doit également faire face aux Kurdes syriens, dont le chef Saleh Muslim a déclaré que les forces kurdes se préparaient à la bataille de «libération» de Raqa sous l'égide de la coalition internationale menée par les États-Unis.

A Washington, les présidents américain Barack Obama et français François Hollande ont réitéré lors d'une rencontre bilatérale leur volonté de lutter ensemble contre l'EI.

M. Hollande a déclaré que l'organisation jihadiste était «en recul» et «en train de perdre la partie». «Nous sommes totalement engagés pour détruire Daech» (acronyme en arabe de l'EI), a affirmé M. Obama.

La Syrie est le théâtre d'une guerre civile déclenchée en 2011 par une révolte réprimée dans le sang par le régime. Le conflit, dans lequel sont impliqués de nombreux acteurs régionaux et internationaux, a fait plus de 270.000 morts et jeté sur les routes la moitié de la population.

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