Attentat déjoué en France: accusations déposées

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Des soldats français patrouillent devant le palais de justice de Paris pendant que Reda Kriket est interrogé par un magistrat, le 30 mars.

François Mori, AP

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Andréa BAMBINO, Philippe SIUBERSKI
Agence France-Presse
PARIS et BRUXELLES

Après six jours de garde à vue, le principal suspect d'un projet d'attentat déjoué «à un stade avancé» en France a été inculpé mercredi par la justice française, dans le cadre d'une vaste enquête allant de la Belgique aux Pays-Bas.

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Reda Kriket

photo archives France Info

Reda Kriket, un ex-braqueur français de 34 ans, a été mis en examen notamment pour association de malfaiteurs en lien avec une entreprise terroriste criminelle, selon des sources proches de l'enquête.

Déjà condamné en Belgique dans une affaire de terrorisme et soupçonné d'avoir séjourné dans les rangs de l'État islamique en Syrie (EI), Reda Kriket avait été arrêté jeudi dernier en région parisienne.

Dans son appartement de la ville d'Argenteuil, les policiers avaient découvert fusils d'assaut, armes de poing et explosifs, dont du TATP, l'explosif artisanal prisé par les djihadistes de l'EI.

Il a été présenté au juge mercredi, après six jours de garde à vue, une durée exceptionnelle qui ne peut être décidée par la justice qu'en cas de risque imminent d'attentat ou pour les nécessités de la coopération internationale.

Lors de son arrestation, le ministre français de l'Intérieur Bernard Cazeneuve avait annoncé la mise «en échec (d')un projet d'attentat en France conduit à un stade avancé», sans donner de détails.

Cette affaire est distincte de l'enquête sur les attentats de Paris (130 morts le 13 novembre) et Bruxelles (32 morts le 22 mars), même si certains liens entre des protagonistes ont pu être établis.

Un autre suspect, Anis B., soupçonné d'avoir été mandaté par l'EI pour commettre un attentat en France avec Reda Kriket, a été arrêté dimanche à Rotterdam (Pays-Bas) et fait l'objet d'un mandat d'arrêt européen des juges français.

La justice néerlandaise a décidé mercredi de maintenir en détention pour encore deux semaines deux hommes arrêtés avec lui, âgés de 43 et 47 ans. Une autre personne arrêtée dimanche à Rotterdam, un sans-abri de 35 ans, a été remise en liberté.

Une nouvelle opération policière a été menée dans la nuit dans cette ville de l'ouest des Pays-Bas, mais n'a débouché sur aucune nouvelle interpellation et aucune saisie d'armes.

À Bruxelles, la justice devait décider du maintien ou non en détention de deux autres hommes inculpés, deux Algériens en lien avec Kriket, Abderrahmane Ameroud et Rabah M. âgés respectivement de 38 et 34 ans, mais l'audience a été reportée au 7 avril.

L'homme au chapeau

Dans la capitale belge, siège des institutions européennes, l'aéroport international de Bruxelles-Zaventem, dont le hall des départs a été dévasté par une double attaque-suicide le 22 mars, est resté fermé mercredi.

Il n'ouvrira pas avant jeudi après-midi au mieux, ont indiqué les autorités aéroportuaires. Et une reprise totale prendra «des mois», a déjà prévenu la société gestionnaire Brussels Airport.

Nouvelle illustration du difficile retour à la normale, la circulation dans le métro bruxellois également frappé par un kamikaze, censée reprendre complètement mercredi, est finalement toujours limitée: le Conseil national de sécurité a jugé que tout changement était prématuré.

Les attentats, les plus meurtriers depuis 1945 en Belgique, ont fait 32 morts et 340 blessés, dont 47 toujours en soins intensifs. Toutes les personnes décédées ont été identifiées. Parmi elles, 17 Belges mais aussi, dans cette ville cosmopolite au coeur de l'Europe, de nombreux expatriés et voyageurs de 13 nationalités différentes.

L'enquête sur les attentats à Bruxelles, perpétrés par le même réseau de l'EI qui a tué 130 personnes le 13 novembre à Paris, se concentre toujours sur le principal suspect en fuite: le mystérieux «homme au chapeau», repéré sur des images de vidéosurveillance à côté des deux kamikazes de l'aéroport et qui a abandonné sa valise piégée avant de prendre la fuite.

Les enquêteurs disposent aussi d'un nom, ou plutôt d'un faux nom: les empreintes d'un homme connu sous la fausse identité de Naïm Al Hamed ont été retrouvées dans l'appartement de Bruxelles d'où étaient partis les assaillants de l'aéroport, et où des explosifs ont notamment été retrouvés.

Les enquêteurs se demandent si ce suspect mystérieux est le troisième assaillant de l'aéroport, ou un autre fuyard.

Naïm Al Hamed était notamment en lien avec Salah Abdeslam, suspect-clé des tueries parisiennes arrêté dans la capitale belge le 18 mars après plus de quatre mois de cavale. Une audience à huis clos est prévue jeudi devant la justice belge sur le mandat d'arrêt européen émis à l'encontre d'Abdeslam par la France, qui demande son extradition.

La procédure pourrait être rapide, le seul survivant des commandos du 13 novembre étant, sauf nouveau revirement, d'accord pour être remis à la justice française.

Le président Hollande renonce à la déchéance de nationalité

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François Hollande

Stéphane de Sakutin, Archives AFP

François Hollande a enterré mercredi, faute de consensus politique, la réforme constitutionnelle qu'il avait annoncée après les attentats de Paris, un cuisant échec pour le président socialiste français à un an de l'élection présidentielle.

Dans une déclaration solennelle à l'Élysée, le président de la République a reconnu cet échec, regrettant que son appel à «dépasser les frontières partisanes» et à «rassembler les Français» n'ait pas été entendu. Sur la mesure la plus contestée de la réforme, la déchéance de nationalité pour les personnes condamnées pour actes terroristes, un accord est «hors d'atteinte», a-t-il constaté.

«J'ai décidé, après m'être entretenu avec les présidents de l'Assemblée nationale et du Sénat, de clore le débat constitutionnel», a-t-il annoncé, quatre mois après l'avoir lancé sous les applaudissements unanimes du Parlement réuni en Congrès.

Les Français et les élus étaient alors rassemblés dans une même émotion face aux attentats du 13 novembre qui avaient ensanglanté la capitale. Mais très vite, des voix s'étaient élevées contre cette réforme, destinée également à sécuriser le régime de l'état d'urgence instauré au lendemain des attentats - reconduit une fois depuis lors et toujours en vigueur - en l'inscrivant dans la Constitution.

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