Virus Zika: urgence de portée mondiale, dit l'OMS

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Dans les écoles du Honduras, on procédait lundi à une fumigation massive contre les moustiques.

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Genève

L'Organisation mondiale de la santé (OMS) a déclaré lundi à Genève que l'épidémie du virus Zika, soupçonné de causer des malformations congénitales, constituait «une urgence de santé publique de portée mondiale».

«Nous devons agir», a affirmé la directrice de l'OMS, Margaret Chan, lors d'une conférence de presse, à l'issue d'une réunion exceptionnelle de son comité d'urgence.

L'OMS a jugé qu'un lien entre ce virus transmis par un moustique et une explosion en Amérique du Sud du nombre de cas de microcéphalie, malformation congénitale dont souffrent les enfants nés avec une tête et un cerveau anormalement petits, était «fortement suspecté, bien que non prouvé scientifiquement».

«Tous s'accordent sur le besoin urgent de coordonner les efforts internationaux pour poursuivre les investigations et comprendre mieux cette relation», a dit Mme Chan.

L'agence de l'ONU semble soucieuse de faire oublier les critiques liées à sa réponse jugée trop faible face à la récente épidémie d'Ebola en Afrique.

«Les experts considèrent aussi que l'étendue géographique des espèces de moustiques qui peuvent transmettre le virus, l'absence de vaccin et de tests fiables, ainsi que le manque d'immunité de la population dans les pays nouvellement touchés [...] constituent des causes supplémentaires d'inquiétude», a poursuivi Mme Chan.

L'OMS a averti la semaine dernière que le virus se propageait de manière explosive dans la région des Amériques, avec trois à quatre millions de cas attendus en 2016.

Zika est également soupçonné d'être lié au syndrome neurologique de Guillain-Barré (SGB).

Comme la dengue et le chikungunya, le Zika se transmet par une piqûre de moustique du genre Aedes aegypti ou Aedes albopictus (moustique tigre).

L'OMS s'est abstenue jusqu'à présent de formuler des recommandations concernant les voyages dans les zones affectées par le Zika, soulignant que la prévention la plus efficace consistait à éliminer les eaux stagnantes où prolifèrent les moustiques, et à utiliser des répulsifs et des moustiquaires pour se protéger.

Évitez les JO

Mais le Brésil, pays le plus touché par le Zika avec près de 1,5 million de cas selon l'OMS, a formellement déconseillé dès lundi soir aux femmes enceinte de venir dans le pays où sont prévus les Jeux Olympiques en août.

Le Brésil avait sonné l'alarme en octobre, lors de l'apparition d'un nombre inhabituellement élevé dans le nord-est du pays de cas de microcéphalie. Depuis, 270 cas confirmés de cette malformation et 3448 cas suspects ont été enregistrés, contre 147 en 2014.

La Colombie, deuxième pays le plus affecté par le virus, prévoit plus de 1500 cas du syndrome neurologique de Guillain-Barré (SGB) pouvant y être liés, a déclaré lundi le ministre de la Santé, Alejandro Gaviria.

«Il y a suffisamment de coïncidence dans l'espace et dans le temps pour dire qu'il y a clairement une relation» entre le virus Zika et ce syndrome, qui peut provoquer jusqu'à une paralysie définitive, a-t-il ajouté.

La Colombie, le Salvador, l'Équateur, le Brésil, la Jamaïque et Porto Rico ont d'ores et déjà recommandé aux femmes d'éviter toute grossesse tant que l'épidémie de Zika n'est pas sous contrôle.

Au Panama, les autorités ont dit craindre une propagation de la maladie à l'ensemble du pays, après 50 premiers cas confirmés, tous concentrés dans la région indigène de Guna Yala, côté Caraïbes.

Par ailleurs, des entrepreneurs réunis au sein du Comité exécutif aéro-agricole privé du Mercosur (marché commun sud-américain) ont proposé aux gouvernements uruguayen, brésilien et argentin de mettre à disposition leurs avions pour procéder à une fumigation massive contre les moustiques.

En Europe et en Amérique du Nord, des dizaines de cas d'infection par le Zika ont été signalés parmi les personnes revenant de voyages dans les pays touchés. Dimanche, un institut de recherche indonésien a annoncé avoir trouvé un cas positif de virus Zika sur l'île de Sumatra, ajoutant que le virus circulait «depuis un certain temps» dans le pays.

El Nino

L'OMS craint que la situation découlant du phénomène climatique El Nino - particulièrement puissant depuis 2015 et qui favorise le réchauffement climatique - provoque une augmentation du nombre de moustiques.

 

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