Agressions à Cologne: «un champ de bataille»

Des femmes sorties célébrer l'arrivée du Nouvel An à Cologne, dans l'ouest de... (Agence France-Presse)

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Associated Press

Des femmes sorties célébrer l'arrivée du Nouvel An à Cologne, dans l'ouest de l'Allemagne, ont dû affronter des hordes d'hommes ivres qui les ont agressées, une expérience comparée à un véritable «champ de bataille», selon un rapport interne de la police.

Ce rapport, qui a largement été repris par les médias allemands jeudi, ajoute aux récits de témoins qui alimentent un débat enflammé sur l'immigration et l'incapacité de la police à empêcher les malfaiteurs de sévir.

La chancelière Angela Merkel a estimé que l'Allemagne doit examiner si les mesures appropriées ont été prises pour déporter les migrants qui commettent des crimes, après que la police eut indiqué que les responsables des agressions étaient d'origine arabe ou nord-africaine.

Les dirigeants allemands se sont empressés de demander à la population de ne pas se méfier de tous les réfugiés, mais plusieurs profitent de la situation pour dénoncer la décision de l'Allemagne d'ouvrir ses portes à des centaines de milliers de migrants et de réfugiés; le pays a accueilli quelque 1,1 million de demandeurs d'asile en 2015.

«Nous devons examiner encore et encore si nous avons fait assez en termes de ce qui est nécessaire (...) concernant la déportation de l'Allemagne afin d'envoyer un signal clair à ceux qui ne sont pas prêts à respecter nos lois», a dit Mme Merkel.

Elle a décrit les agressions commises dans la nuit du 31 décembre au 1er janvier comme «des gestes criminels répugnants que (...) l'Allemagne ne tolérera pas». Elle a ajouté que des changements à la loi et une présence policière accrue sont envisagés.

«Le sentiment que les femmes ont eu cette fois-ci d'être à la merci (des malfaiteurs), sans protection, m'est intolérable personnellement, a dit Mme Merkel. Il est donc crucial que tout ce qui s'est produit soit mis sur la table.»

Le quotidien allemand Bild a publié mercredi des extraits d'un rapport rédigé par un haut-gradé non-identifié de la police fédérale concernant ces agressions. Le document relate comment les policiers fédéraux, qui sont aussi responsables de la sécurité du réseau ferroviaire, ont été rencontrés par des «citoyens apeurés accompagnés d'enfants qui pleuraient» quand ils sont arrivés à la gare de Cologne, la veille du jour de l'An.

Le policier, qui compterait 29 ans de service, décrit comment «plusieurs milliers d'hommes d'origine immigrante» ont lancé des feux d'artifices et des bouteilles aux fêtards qui s'étaient rassemblés devant la cathédrale de la ville pour accueillir le Nouvel An. La tension a augmenté d'un cran vers 23h45, quand d'autres personnes sont arrivées à la gare.

«Des femmes, accompagnées ou non, ont littéralement dû traverser un champ de bataille peuplé d'hommes très ivres», peut-on lire dans le rapport.

Les policiers ont réussi à dégager la place, mais ils ont ensuite peiné à contrôler le nombre élevé d'hommes violents, poursuit le rapport.

«Pendant les opérations plusieurs femmes/filles en pleurs et en état de choc ont raconté aux policiers avoir été victimes d'agressions sexuelles par des migrants ou des groupes de migrants. Il n'a malheureusement pas été possible de les identifier davantage», écrit le policier.

La police fédérale a refusé de commenter le contenu du rapport, qui a aussi été repris par l'agence dpa et le portail d'information Spiegel Online.

Le ministre de la Justice Heiko Maas a déclaré au groupe de presse Funke (Étincelle) que des «déportations sont certainement envisageables».

Il a dit que la loi permet la déportation des demandeurs d'asile qui écoperaient de peines de prison d'un an ou plus - une pénalité qui est possible dans les dossiers d'agression sexuelle.

La police a indiqué jeudi avoir maintenant reçu 121 plaintes criminelles pour agression sexuelle et vol pendant les festivités de la veille du jour de l'An. On compte aussi deux plaintes pour viol.

L'étude d'images vidéo a permis aux enquêteurs de repérer 16 jeunes hommes - principalement d'origine nord-africaine - qui pourraient avoir commis des crimes. La majorité de ces individus n'ont pas encore été identifiés.

Un porte-parole de la police, Christoph Gilles, a expliqué à l'Associated Press mercredi que les trois quarts des plaintes sont de nature sexuelle.

Un millier d'hommes s'étaient apparemment massés autour de la gare, près de la célèbre cathédrale de la ville. Des petits groupes auraient alors encerclé, agressé et volé les femmes. La police affirmait pourtant le lendemain que les célébrations de la veille avaient été «essentiellement pacifiques».

Des témoins prétendent que les policiers n'ont rien fait pour mettre fin aux attaques.

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