La crise des réfugiés, événement de l'année

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La photo du petit Alan Kurdi, le corps gisant sur une plage turque, a fait le tour du monde.

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La Presse Canadienne

Pendant des années, les millions de Syriens fuyant la guerre civile dans leur pays étaient rarement évoqués au Canada, mais une seule mort aura eu pour effet de braquer tous les projecteurs sur cet enjeu.

Le décès d'un enfant de trois ans a attiré l'attention des Canadiens sur l'ampleur de la crise des réfugiés syriens, qui a été désignée comme l'événement de l'année 2015 par des directeurs de l'information de partout au pays.

Soixante-treize votes ont été enregistrés dans le cadre du sondage de La Presse Canadienne auprès des salles de nouvelles; 26 d'entre elles ont choisi la crise des réfugiés, alors que la victoire du Parti libéral aux élections fédérales est arrivée en deuxième place, avec 24 votes.

« Beaucoup d'événements ont été marquants cette année, de l'élection de Justin Trudeau à la violence envers les femmes autochtones. Mais j'opte pour la crise des réfugiés, qui a ramené le Canada dans la sphère des grands problèmes du monde. L'histoire du petit (Alan) Kurdi, à cause de ses liens familiaux, a eu de vraies résonances ici et dans la campagne électorale », a analysé Josée Boileau, rédactrice en chef du quotidien montréalais Le Devoir.

En 2015, les Syriens ont afflué en masse vers les pays environnants de la Syrie, mais aussi vers l'Europe, en quête de jours meilleurs. Depuis le début de la guerre civile en 2011, environ 4,2 millions de Syriens ont cherché refuge à l'extérieur de leur pays.

Au mois de septembre, la famille Kurdi était parmi eux et elle a pris part à une dangereuse traversée de la Turquie vers la Grèce. Leur bateau a chaviré, causant la mort d'Alan, de son frère Ghalib, cinq ans, et de leur mère Rehanna.

La photo du petit Alan, le corps gisant sur une plage turque, a fait le tour du monde. Le Canada, qui était alors en campagne électorale, a été touché directement par la tragédie puisque des membres de la famille Kurdi vivent au Canada et ils avaient tenté sans succès d'accueillir certains de leurs proches.

La nouvelle a eu des incidences sur la campagne fédérale. L'accueil des réfugiés est devenu un enjeu électoral inattendu, les chefs de partis débattant à savoir si le Canada s'impliquait assez dans cette crise humanitaire.

Le refus du gouvernement fédéral d'accueillir certains membres de la famille Kurdi a remis en question le processus d'accueil des réfugiés, qui était perçu comme étant trop lent. Le gouvernement Harper avait été forcé de revoir son programme existant en pleine campagne électorale.

« La crise des réfugiés a non seulement bouleversé l'échiquier mondial, elle est devenue un thème inattendu, mais central de la dernière campagne électorale fédérale », a noté Gilles Carignan, vice-président de l'information au quotidien de la ville de Québec, Le Soleil.

La nouvelle a également encouragé le Parti libéral à réitérer une promesse qu'il avait déjà annoncée en mars, soit d'accueillir 25 000 réfugiés au Canada. Pendant la campagne, le parti a martelé que ces réfugiés seraient tous arrivés au pays avant 2016.

« (C'est) une nouvelle qui a eu de larges échos au Canada et qui rassemble plusieurs enjeux: l'aide aux démunis, la capacité d'accueil du Canada, la tolérance religieuse », a souligné Jean Gagnon, rédacteur en chef du journal LeDroit, dans la région d'Ottawa-Gatineau.

Le gouvernement libéral a, depuis, reporté l'échéance. Il souhaite accueillir 10 000 réfugiés d'ici la fin du mois, et 15 000 autres avant le 1er mars.

Le fait que le Parti libéral soit en train de mettre en place sa politique est en soi une surprise de l'année; peu de gens avaient prédit une victoire de Justin Trudeau, et c'est ce qui a encouragé certains directeurs de l'information à choisir cet événement plutôt que la crise des réfugiés.

« On sentait qu'un certain changement arriverait, mais peu de gens avaient prédit cette vague rouge qui a commencé avec les 32 sièges remportés par les libéraux dans les Maritimes et qui s'est propagée à travers le pays pour donner une majorité forte à Justin Trudeau à la Chambre des communes », a remarqué Greg Morrow, directeur des nouvelles à la station de radio 101,5, de Port Hawkesbury, en Nouvelle-Écosse.

La vague orange du NPD qui a déferlé en Alberta lors des élections provinciales a aussi été mentionnée par certains patrons de l'information. Le sujet a toutefois été éclipsé par un autre enjeu important dans la province de l'Ouest: la variation des prix dans le secteur de l'énergie, un événement qui a récolté à lui seul 13 votes.

Le sondage annuel de La Presse Canadienne a eu lieu sur une période de trois semaines en novembre et en décembre. Les 73 participants devaient choisir dans une liste fournie par les rédacteurs en chef de La Presse Canadienne.

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