COP21: un projet d'accord final présenté à Paris

Le président de la COP21 et chef de... (Dominique Faget, AFP)

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Le président de la COP21 et chef de la diplomatie française Laurent Fabius (à gauche) en compagnie du secrétaire général de l'ONU Ban Ki-moon au Bourget, le 11 décembre.

Dominique Faget, AFP

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Patrice Bergeron
La Presse Canadienne

Les délégués des pays réunis à la Conférence des Nations unies sur les changements climatiques de Paris ont maintenant entre leurs mains le sort d'un projet d'accord final sur la réduction des émissions de gaz à effet de serre (GES).

Obtenu après deux semaines de tractations intenses, ce texte est «le meilleur équilibre possible» selon le président de la Conférence, le ministre français des Affaires étrangères, Laurent Fabius, qui a exhorté les 195 États à l'adopter.

En milieu d'après-midi, heure de Paris, la délégation canadienne en était encore à étudier le document et réservait encore son opinion, selon la porte-parole de la ministre de l'Environnement, Catherine McKenna.

Ce projet d'accord final a conservé l'objectif de contenir bien en-deçà de 2 degrés Celsius l'augmentation de la température moyenne, mais aussi de s'efforcer de limiter cette augmentation à 1,5 degré, ce qui «réduit significativement les risques des impacts liés aux changements climatiques», a indiqué le ministre en s'adressant en plénière aux délégués, dans l'enceinte du Bourget.

Il faut «tout faire même pour être à 1,5 degré, parce que c'est notre responsabilité, parce que c'est l'enjeu décisif, parce qu'un réchauffement qui irait au-delà pourrait gravement atteindre les équilibres de la planète», a soutenu le président François Hollande, qui a mis tout son poids dans la balance pour convaincre le délégués, lui qui joue son prestige et celui de son pays pour éviter un échec comme celui de la conférence précédente à Copenhague.

Le Canada s'était d'ailleurs rallié à de petits États insulaires afin que l'objectif de 1,5 degré soit retenu.

Tous les yeux sont tournés vers les délégués maintenant, car ils décideront en après-midi s'ils adopteront oui non un «accord historique», comme l'ont qualifié le président François Hollande et le secrétaire général des Nations unies, Ban Ki-moon.

En effet, ce serait la première fois que tous les pays s'entendent sur l'enjeu de la réduction des gaz à effet de serre (GES), après plus de 20 ans d'efforts de l'ONU pour y arriver.

«L'accord est ambitieux, juste, équilibré, et reflète la position des parties, a déclaré M. Fabius. Il contient les principales avancées dont beaucoup pensaient qu'elles seraient impossibles à obtenir. Il est différencié, juste, durable, dynamique, équilibré et juridiquement contraignant», a-t-il dit, sous les applaudissements.

Tout au cours de ces longues négociations, la ministre canadienne Catherine McKenna avait d'ailleurs plaidé en faveur d'un accord «robuste». Le Canada recherchait justement un accord contraignant et durable pour toutes les parties, avec l'obligation juridique pour chaque pays de soumettre une cible.

Le Canada souhaitait aussi voir intégrées dans le texte des notions telles qu'une comptabilisation appropriée des émissions et les droits des peuples indigènes - des éléments qui apparaissent d'ailleurs dans l'ébauche finale.

La ministre avait d'ailleurs été choisie comme facilitatrice par M. Fabius afin de rapprocher les parties en cours de négociations.

L'entente prévoit notamment un financement minimal de 100 milliards $US par an des pays développés pour aider les pays pauvres à lutter contre les changements climatiques, avec des mécanismes de révision à la hausse. Un nouvel objectif chiffré sera annoncé avant 2025.

L'accord reconnaît notamment la notion de justice climatique et de différenciation, c'est-à-dire les efforts financiers que les pays riches et pauvres doivent faire pour lutter contre les changements climatiques, en fonction de leurs responsabilités et leurs moyens.

Le texte contient aussi la révision à la hausse des engagements, c'est-à-dire un cycle quinquennel toujours à la hausse des engagements de réduction des gaz à effet de serre de chaque pays.

Mme McKenna s'était déjà réjouie «l'engagement à augmenter progressivement» cette cible tous les cinq ans, ainsi que l'engagement «à la transparence dans le processus de rapport et d'examen de chaque pays».

Mais il n'y a pas d'indication sur la date de la première révision des engagements des pays et rien sur la révision des efforts avant 2020.

«L'Histoire est là»

M. Fabius a exhorté les délégués à entériner l'accord. En cas d'échec, «les citoyens du monde, nos enfants ne le comprendraient pas, et je crois, ils ne le pardonneraient pas.»

Peu après le secrétaire général des Nations unies, Ban Ki-moon, a également pressé les parties de se prononcer en faveur de cette entente.

«Le monde entier vous regarde. Des milliards de personnes comptent sur votre sagesse.»

Le président François Hollande pour sa part affirmé que «l'Histoire est là» et qu'il fallait saisir cette chance.

«Le 12 décembre peut être un accord historique et une grande date pour l'humanité. Il est rare d'avoir dans une vie l'occasion de changer le monde. Vous l'avez. Saisissez-là.»

Équiterre a salué le projet d'accord. Selon son porte-parole, Steven Guilbeault, un «moment historique» se déroule à Paris, puisque c'est un texte solide et «intéressant» qui lient tous les pays.

«Aujourd'hui, c'est le début de la fin de l'ère des combustibles fossiles, a-t-il dit dans une entrevue à La Presse Canadienne au Bourget samedi. C'est le début de l'ère des énergies renouvelables.»

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