Le Mali recherche au moins trois suspects

Des extrémistes islamistes ont pris 170 personnes en... (Baba Ahmed, Associated Press)

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Des extrémistes islamistes ont pris 170 personnes en otages, dont 140 clients de diverses nationalités, dans l'hôtel Radisson Blu de Bamako, vendredi, mais les troupes maliennes, appuyées par des forces spéciales américaines et françaises, ont rapidement repris l'édifice et libéré les captifs terrifiés.

Baba Ahmed, Associated Press

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Baba Ahmed
Associated Press
Bamako, Mali

Le Mali recherchait «plus de trois» suspects, samedi, pour la prise d'otage de l'hôtel Radisson de Bamako de la veille, qui a fait 20 morts, en plus de deux assaillants, et autant de blessés.

L'état d'urgence a été décrété après l'attaque revendiquée par le groupe al-Mourabitoune. Dans une déclaration diffusée par le réseau Al-Jazeera, l'organisation djihadiste du chef Mokhtar Balmokhtar indique avoir agi en collaboration avec l'Émirat du Sahara, un groupe affilié à al-Qaïda.

Selon le ministre de l'Intérieur, Salif Traoré, 18 clients et deux policiers ont été tués. De plus, 17 clients et trois policiers ont été blessés. Un Américain âgé de 41 ans, travailleur en développement, un expert francophone du parlement de la Fédération Wallonie-Bruxelles en Belgique et trois dirigeants de la société ferroviaire d'État de la Chine font partie des victimes. Six employés d'une compagnie russe de transport aérien ont également été tués. D'après le gouverneur de la région centrale d'Oulianovsk, six autres membres d'équipage se trouvaient aussi à l'hôtel, mais ils sont saufs. La région d'Oulianovsk observera une journée de deuil.

Vendredi matin, hurlant «Dieu est grand», des hommes lourdement armés ont fait irruption dans le complexe hôtelier et ont ouvert le feu sur les gardiens de sécurité avant de prendre des dizaines d'otages, dont de nombreux étrangers, durant plus de sept heures.

Un gardien, Cheikh Dabo, a raconté que les assaillants étaient arrivés au moment du changement de quart de travail, prenant les équipes de la nuit et de matin par surprise. Ils étaient armés, en tout, de deux pistolets et d'une mitraillette, mais ils n'était «pas concentrés» et «ne s'attendaient pas» à être attaqués, a-t-il confié. M. Dabo a affirmé qu'un de ses collègues a été tué et que trois autres ont été blessés.

Les forces maliennes, aidées de forces spéciales françaises et américaines, ont rapidement donné l'assaut pour libérer les clients et employés.

Au compte-goutte, les otages étaient menés en lieu sûr, escortés par des soldats, tandis que des équipes sécurisaient les étages de l'hôtel un à un. Au moins un client a rapporté à l'Associated Press que les assaillants lui ont ordonné de réciter des versets du Coran pour prouver sa foi musulmane avant de le libérer.

Samedi, l'hôtel était surveillé par la police nationale. Des enquêteurs ont commencé leur travail et le président, Ibrahim Boubacar Keïta, devait arriver plus tard dans la journée.

M. Keïta a annoncé vendredi soir un état d'urgence de 10 jours. Un deuil national de trois jours commencera lundi.

D'après l'analyste de l'International Crisis Group pour le Sahel, Jean-Hervé Jezequel, l'attentat a pu être motivé par un désir de perturber un fragile processus de paix qui avait fait des progrès dans les derniers mois. Des groupes armés du nord malien ont signé un accord de paix avec le gouvernement en juin dernier, et des ententes locales ont été conclues en octobre, mais des groupes radicaux ont été exclus du processus.

Dans une déclaration dénonçant l'attaque, l'Organisation de la coopération islamique, qui compte 57 pays membres, a fait un lien avec les négociations, affirmant que le but des assaillants était de «déstabiliser le Mali et de détruire le processus de paix».

Le nord du Mali est instable depuis que des séparatistes touaregs et des extrémistes islamistes ont pris le contrôle de certaines région, après un coup d'État de l'armée en 2012. Une intervention de l'armée française a chassé les extrémistes de certaines villes, mais les attaques se sont poursuivies et se sont propagées vers le sud du pays, où se trouve Bamako. En mars dernier, un restaurant populaire auprès des étrangers a été visé.

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