Un Gatinois échappe à l'enfer au Mali

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Des soldats maliens prennent position à l'extérieur de l'hôtel Radisson Blu de Mamako, au Mali, avant l'assaut final.

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Baba Ahmed
Associated Press

Un Gatinois est sorti sain et sauf de la prise d'otages qui a fait au moins 27 morts dans un hôtel de Bamako vendredi. L'ancien conseiller municipal gatinois Patrice Martin a été placé sous la protection de l'ambassade du Canada au Mali, qui coordonne son retour au pays.

Vendredi matin, exactement une semaine après les attentats de Paris, des terroristes armés de fusils et de grenades ont investi l'hôtel Radisson Blu dans la capitale malienne, prenant 170 personnes en otages, dont 140 clients de diverses nationalités, selon la télévision d'État.

«C'est passé un peu trop proche à mon goût», a confié au Droit Patrice Martin, qui occupe aujourd'hui le poste de greffier principal adjoint responsable des associations interparlementaires au Parlement canadien.

Un groupe extrémiste issu de la branche nord-africaine d'Al-Qaïda, les Mourabitounes, a revendiqué la responsabilité de l'attentat, réclamant la libération de ses combattants détenus dans des prisons maliennes et la fin des attaques contre les Maliens du nord.

Ce groupe s'est formé en 2013 après que le chef, Moktar Melmoktar, eut quitté Al-Qaïda. Selon le communiqué, les Mourabitounes ont coordonné l'attaque avec un autre groupe, affilié à Al-Qaïda, qui se nomme «l'Émirat du Sahara».

Les forces spéciales maliennes, aidées d'équipes françaises et américaines, ont réagi promptement pour mettre fin à l'attentat. Des soldats de l'ONU ont aussi été déployés pour prêter main-forte à l'armée malienne, mais ne participaient pas directement aux opérations. Au début de l'attaque, 140 clients et 30 employés se trouvaient dans l'hôtel.

Dans un discours prononcé une fois la prise d'otages terminée, la Secrétaire générale de la Francophonie, Michaëlle Jean, a salué la «rapidité et le courage» des forces maliennes.

Plusieurs membres de l'Organisation internationale de la francophonie (OIF), de l'Assemblée parlementaire de la Francophonie, et de l'Université Senghor se trouvaient au Radisson, pour le Forum francophone sur la diversité des expressions culturelles, qui devait débuter dans deux jours. Un expert francophone du Parlement de la Fédération Wallonie-Bruxelles en Belgique a trouvé la mort au cours de la prise d'otages, a annoncé Mme Jean, sans nommer la victime. Mme Jean et son équipe devaient se rendre samedi à l'hôtel de Bamako.

L'OIF a mobilisé une cellule de crise qui était «en contact direct avec nos équipes retenues au Radisson afin de coordonner les opérations de sécurisation».

«Nous avions constamment de leurs nouvelles, nous étions en contact direct avec eux, sans jamais cesser d'être là pour les réconforter et savoir exactement comment se déroulaient les choses pour eux au Radisson», a raconté Mme Jean, d'une voix éteinte par l'émotion. «Ce fut, je ne vous le cache pas, une très dure journée.»

Elle a condamné «cette stratégie de terreur, ces agressions haineuses contre les libertés, contre l'État de droit, contre la paix, contre la stabilité».

Assaut déclenché

Selon ce qu'a expliqué, plus tôt en journée, le commandant de l'armée Modibo Nama Traoré, une dizaine d'hommes armés ont fait irruption dans l'hôtel en criant «Dieu est grand», ou «Allahu Akbar», avant de tirer sur les gardiens de sécurité et d'entreprendre la prise d'otages.

Dans les alentours, les gens s'enfuyaient sur une route de terre, escortés par des soldats en combinaison de combat qui les menaient en sécurité.

Les soldats mobilisés ont libéré les otages, un étage à la fois, a détaillé le commandant Traoré. Au moins un client a rapporté que les assaillants lui avaient ordonné de réciter des versets du Coran avant de le libérer. Des ambulances se sont précipitées à l'hôtel et un hélicoptère militaire survolait la scène.

Le ministre des Affaires étrangères, Stéphane Dion, a confirmé vendredi que tous les Canadiens dont la présence à l'hôtel malien attaqué par des islamistes était connue sont sains et saufs. Outre le Gatinois Patrice Martin, au Mali dans le cadre d'une mission diplomatique, un employé de l'Assemblée nationale, Maxime Carrier-Légaré, et un avocat de la firme McCarthy Tétrault, Pierre Boivin, se trouvaient également au Radisson Blu de Bamako lorsque l'assaut a été déclenché.

La directrice des communications de la Chambre des communes, Heather Bradley, a confirmé la présence de M. Martin au Mali en tant que participant à une mission de soutien diplomatique avec l'Assemblée parlementaire de la Francophonie. «M. Martin est en sécurité», a-t-il confirmé par courriel.

Dans un court communiqué, vendredi, la porte-parole de la Société de transport de l'Outaouais (STO), Céline Gauthier, a transmis le soulagement de son équipe de savoir M. Martin, ex-président de l'organisme, était sain et sauf.

«C'est avec stupeur que la STO a appris par le biais des médias que l'ancien conseiller municipal de la Ville de Gatineau et ancien président de la Société, Patrice Martin, était au nombre des personnes prises en otage ce matin dans un hôtel de Bamako au Mali mais qu'il serait sain et sauf et actuellement sous la protection de l'Ambassade du Canada», mentionne-t-elle.

M. Martin a assumé la présidence de la STO du 11 août 2008 au 12 novembre 2013.

Avec LeDroit et La Presse Canadienne

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