Le Canada pourrait conclure une entente commerciale dans les prochaines heures

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Les agriculteurs craignent que le gouvernement fédéral fasse des concessions sur la gestion de l'offre, qui protège le marché canadien des produits laitiers étrangers.

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Alexander Panetta
La Presse Canadienne
Atlanta

Le Canada s'apprête-t-il à conclure l'une des ententes commerciales les importantes de son histoire avec 11 autres pays? On pourrait le savoir dans les prochaines heures.

Les négociateurs du Partenariat transpacifique ont une fois de plus repoussé l'échéance des pourparlers qui se tiennent à Atlanta depuis plusieurs jours. Les discussions, qui se sont poursuivies même pendant la nuit, ont été prolongées de trois jours par rapport à ce qui était prévu au départ.

Certaines sources suggèrent que tous les ministres pourraient se réunir dimanche après-midi pour une séance plénière. Cette information préliminaire fait croire à certains qu'une entente est à portée de main pour l'accord qui représenterait 40 pour cent de l'économie mondiale.

Une personne bien au fait des négociations a assuré que «ce ne pouvait être qu'une bonne nouvelle».

On ignore quand la population connaîtrait les détails et s'ils seront disponibles pour les Canadiens avant le scrutin du 19 octobre. L'une des grandes sources d'incertitude est la durée de la révision juridique du texte de l'entente. Une conférence de presse, prévue à 16h puis repoussée à 18h, devrait répondre à certaines de ces questions.

L'un des points d'achoppement majeurs des négociations actuellement porterait entre autres sur un différend entre les États-Unis et l'Australie sur les droits d'exclusivité des médicaments biologiques.

Un mystère demeure sur les produits laitiers au Canada. La Nouvelle-Zélande, qui avait été l'un des premiers pays à élaborer l'idée d'un tel partenariat il y a dix ans, souhaite vendre plus de beurre en Amérique du Nord - surtout aux États-Unis.

Or, les Néo-Zélandais ont déjà révélé que leurs vis-à-vis américains ne consentiraient pas à ouvrir leurs marchés si leur voisin du nord ne le faisait pas également pour eux.

En ce moment, 90 pour cent du marché des produits laitiers canadiens est fermé aux produits étrangers. Ce système de gestion de l'offre permet aux agriculteurs d'engranger des revenus stables, mais il limite les options d'achat et il fait grimper les prix des denrées.

Criblé de questions par les partis d'opposition et les producteurs laitiers en pleine campagne électorale, le gouvernement canadien a martelé qu'il avait l'intention de protéger la gestion de l'offre.

Cependant, il n'a pas complètement écarté la possibilité d'ouvrir davantage son marché aux produits étrangers.

L'entente aura également des conséquences sur le secteur automobile du pays.

Le gouvernement n'a pas nié qu'il puisse permettre aux entreprises de se procurer des pièces de voiture à l'étranger sans frais douanier. Le prix des voitures serait donc plus bas et donnerait plus de profits aux fabricants de pièces canadiens, mais selon les syndicats, cette ouverture pourrait contribuer à éliminer plusieurs emplois bien rémunérés dans le secteur.

Le portrait de la situation a été résumé par le ministre du Commerce néo-zélandais, qui aura sans contredit émis les citations les plus mémorables de ce marathon de négociations.

Questionné sur les compromis difficiles que doit faire son pays pour que ses vis-à-vis acceptent d'ouvrir leurs marchés, Tim Groser a offert cette comparaison peu ragoûtante au quotidien néo-zélandais «New Zealand Weekend Herald».

«Il y a des compromis affreux (...) Et quand je dis affreux, je veux dire affreux dans tous les sens. Ça ne veut pas dire «Je dois avaler un rat mort alors que tu avales du foie gras». Ça veut dire que tout le monde doit avaler des rats morts sur trois ou quatre enjeux pour en arriver à une entente», a-t-il illustré.

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