La Grèce dit non à ses créanciers

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Les partisans du "non" célèbrent au centre-ville d'Athènes.

Petros Karadjias, Associated Press

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Menelaos Hadjicostis & Derek Gatopoulos
Associated Press
Athènes, Grèce

Les Grecs semblent avoir entendu l'appel de leur gouvernement en rejetant massivement le plan d'austérité proposé par leurs créanciers en échange de nouveaux prêts de sauvetage. Tard dimanche, avec plus de 90 pour cent des boîtes de scrutin dépouillées, la majorité pour le Non était à 61 pour cent et le ministère de l'Intérieur prédisait que ces chiffres se maintiendraient.

Lors d'une déclaration télévisée, le premier ministre Alexis Tsipras a indiqué que ces résultats démontraient que le «chantage» ne fonctionnait pas en démocratie. Il a ajouté qu'il était prêt à reprendre les négociations, mais, a-t-il prévenu, «l'enjeu de la dette sera sur la table». Il a en outre remercié les Grecs d'avoir posé un «geste courageux».

Plus tôt, en direct à la télévision grecque, le ministre grec des Finances, Yanis Varoufakis, a dit croire que ce résultat signifiait que la population voulait mettre fin aux mesures d'austérité qui touchent le pays depuis cinq ans. Le ministre Varoufakis a d'ailleurs rencontré les représentants des banques grecques pour discuter des demandes qu'il fera parvenir à la Banque centrale européenne.

Selon le président de l'Association des banques grecques, les institutions seront à sec de liquidités ce lundi. Bien que les banques soient censées rouvrir mardi, il est presque impossible qu'elles disposent de grandes quantités de liquidités. Un média grec dans le domaine financier a annoncé que la Banque de Grèce réclamerait 6 milliards d'euros en fonds d'urgence.

La chancelière allemande Angela Merkel, qui doit se rendre à Paris lundi, et le président français François Hollande ont appelé à la tenue d'un sommet des membres de la zone euro pour discuter de la situation en Grèce. Le Conseil européen a confirmé l'organisation de ce sommet pour mardi. Mme Merkel et M. Hollande avaient déjà prévu s'entretenir sur les suites du référendum.

Le vice-chancelier allemand et ministre de l'Économie Sigmar Gabriel a jugé sévèrement le premier ministre Tsipiras pour avoir, selon lui, mené son peuple à «l'austérité cruelle» et au «désespoir».

«En disant «non» aux règles de la zone euro, ce qui se reflète dans la majorité pour le Non, il est difficile d'imaginer des négociations sur un plan de sauvetage de milliards (d'euros)», a-t-il tranché, lors d'un entretien avec le quotidien allemand Tagesspiegel.

Le ministre des Finances belge, Johan Van Overtveldt, a été le premier représentant de pays membres de l'Union européenne à commenter les résultats préliminaires, affirmant qu'ils allaient «compliquer» la suite des choses. Il s'est dit toutefois ouvert à discuter le plus tôt possible, «littéralement dans quelques heures», avec les représentants du gouvernement grec.

Par ailleurs, pendant la soirée, le chef de l'opposition au Parlement et ancien premier ministre Antonis Samaras a annoncé sa démission.

Après le dévoilement des premiers résultats du référendum, des milliers de partisans du Non s'étaient rassemblés dans le centre-ville d'Athènes pour célébrer leur possible victoire.

Les Grecs étaient invités à se prononcer dimanche sur les propositions des créanciers internationaux, qui avaient été élaborées au terme de plusieurs jours de négociations avec le gouvernement grec et ses partenaires européens.

Les premières indications laissaient entrevoir un haut taux de participation après une semaine de campagne intense. Les sondages démontraient que le Oui et le Non étaient presque à égalité.

Plusieurs citoyens estiment qu'il faut défier les créanciers et négocier de meilleures conditions de remboursement; d'autres jugeaient qu'il fallait accepter les propositions et se débarrasser du gouvernement d'extrême-gauche du premier ministre Alexis Tsipras.

M. Tsipras joue l'avenir de son gouvernement élu il y a à peine cinq mois. Avant la tenue du vote, il se disait convaincu qu'un refus des propositions économiques renforcerait sa position pour négocier.

Les partisans du Oui, formés entre autres des partis de l'opposition, soutiennent que ce référendum vise en fait à demander si la Grèce doit rester au sein de la zone euro et de l'Union européenne, ce que le gouvernement nie.

«Aujourd'hui, la démocratie l'emporte sur la peur. Je suis très optimiste», a dit M. Tsipras après avoir voté à Athènes, entouré de dizaines de journalistes.

La crise qui sévit en Grèce a entraîné la fermeture des banques pour éviter l'effondrement complet de l'économie. Le pays qui ne peut rembourser sa dette a aussi perdu accès aux prêts d'urgence qui lui étaient accordés.

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