Les suspects se réclament d'Al-Qaïda en entrevue avec une télévision française

Cherif Kouachi, gauche, et Said Kouachi.... (ASSOCIATED PRESS)

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Cherif Kouachi, gauche, et Said Kouachi.

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Paris

Les deux frères tenus responsables de l'attentat contre le journal «Charlie Hebdo» à Paris ont dit agir au nom de la branche d'Al-Qaïda au Yémen, selon un média français, qui a discuté avec un des suspects avant sa mort, vendredi.

Chérif Kouachi a confié à BFM TV qu'il avait été financé et déployé par la branche yéménite du groupe extrémiste, aussi appelée Al-Qaïda dans la péninsule arabique (AQPA). Lors de cet entretien, les deux frères Kouachi étaient retranchés dans une imprimerie, près de l'aéroport Charles-de-Gaulle. Ils ont finalement été abattus par la police.

«Je suis parti là-bas et c'est Anwar al-Awlaki un dirigeant d'Al-Qaïda, assassiné par un drone américain en 2011 qui m'a financé ... C'était il y a longtemps, avant qu'il soit tué», a-t-il expliqué au journaliste français.

Il a par ailleurs ajouté qu'il était revenu en France «depuis longtemps».

«On n'est pas des tueurs ... Nous, on défend notre prophète. Ceux qui l'offensent, là, il n'y a pas de problème, on peut les tuer. Mais on ne tue pas les femmes. C'est vous qui tuez les enfants en Afghanistan et en Syrie», a-t-il lancé.

Un membre d'Al-Qaïda au Yémen a d'ailleurs confirmé que le groupe avait organisé l'attaque contre le journal satirique pour «venger l'honneur» du prophète Mahomet.

Dans un communiqué en anglais transmis vendredi à l'Associated Press, l'homme, qui ne s'est pas identifié, confirme que le groupe AQPA a bien «choisi sa cible». Les extrémistes disent avoir mis à exécution les menaces proférées par leur défunt dirigeant Oussama ben Laden, contre ceux qui «blasphèment contre les croyances sacrées des musulmans».

AQPA n'aurait pas revendiqué l'attentat plus tôt pour des raisons de sécurité.

La station de télévision BFM a aussi réussi à parler à Amedy Coulibaly, qui avait pris en otages plusieurs clients d'une épicerie casher, dans l'est de Paris, avant d'être abattu. L'assaillant, qui a contacté lui-même BFM TV, a affirmé que les frères Kouachi et lui s'étaient «synchronisés pour les opérations».

L'homme s'est réclamé du groupe armé État islamique, pourtant vu comme un rival d'Al-Qaïda.

Amedy Coulibaly menaçait d'exécuter ses otages si les policiers donnaient l'assaut contre l'imprimerie où s'étaient retranchés les frères Kouachi. Quatre otages sont morts dans l'épicerie, selon les autorités.

BFM TV a d'ailleurs révélé qu'Amedy Coulibaly n'avait pas bien fermé le téléphone fixe avec lequel il avait communiqué avec le journaliste, ce qui a permis à la police d'entendre tout ce qu'il faisait. Les policiers ont d'ailleurs mené l'assaut dans l'épicerie lorsqu'ils ont entendu l'assaillant réciter ce qui semblait être une dernière prière avant sa mort.

Plus tôt, jeudi, un représentant de la sécurité du Yémen avait affirmé que Saïd Kouachi se serait battu pour la branche d'Al-Qaïda au Yémen.

Saïd Kouachi aurait participé à l'offensive du groupe extrémiste dans le sud du pays. Un autre responsable de la sécurité a confirmé que l'aîné des deux suspects serait resté au Yémen jusqu'en 2012. Les deux porte-paroles ont requis l'anonymat parce qu'ils n'étaient pas autorisés à donner des détails sur l'enquête en cours.

Un responsable américain a quant à lui indiqué que Saïd Kouachi, âgé de 34 ans, s'était déjà rendu au Yémen. Le porte-parole n'a toutefois pas pu dire si le suspect s'était joint à des groupes extrémistes.

Son frère cadet, Chérif Kouachi, a été condamné à 18 mois de prison en France en 2008 pour avoir collaboré avec un réseau qui recrutait des combattants pour l'Irak.

Les membres d'Al-Qaïda ont profité d'un relâchement de la sécurité au Yémen, en 2011, à la suite du soulèvement populaire dans la vague du Printemps arabe. Le président de l'époque, Ali Abdallah Saleh, avait été évincé du pouvoir. Les membres du groupe extrémiste avaient alors pris le contrôle de nombreuses régions du pays, surtout dans le sud.

Saïd Kouachi se serait enrôlé dans les rangs d'Al-Qaïda dès 2011, dans la province d'Abyan, selon le responsable américain.

Un responsable yéménite a quant à lui précisé que l'aîné des frères Kouachi aurait été déporté du pays en 2012, alors que le gouvernement menait une vaste campagne pour expulser du pays certains étudiants étrangers, suspectés d'être au Yémen sous de fausses représentations.

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