Le PQ réclame la démission de MacMillan et Boulet

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Norm MacMillan

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Alexandre Robillard
La Presse Canadienne

Le Parti québécois a réclamé la démission de deux ministres libéraux, mercredi, affirmant qu'ils sont responsables des irrégularités constatées par le vérificateur général dans l'octroi de contrats publics au ministère des Transports.

La chef péquiste Pauline Marois a soutenu que la crédibilité de la ministre des Transports, Julie Boulet, et de son ministre délégué, Norman MacMillan, a été sérieusement entachée par le document de Renaud Lachance, déposé mercredi.

Dans son rapport, M. Lachance a indiqué que le ministère des Transports du Québec (MTQ) a enfreint les règles du Conseil du trésor en attribuant sans appel d'offres un contrat à ABC Rive-Nord, une entreprise dans laquelle l'ex-ministre libéral David Whissell a des intérêts.

M. Lachance s'est aussi étonné qu'un rapport interne du MTQ, sur un cas de collusion constaté en 2004 lors de l'octroi de contrats de déneigement, n'a jamais été transmis au ministère de la Sécurité publique ou à la Sûreté du Québec.

Lors d'une période des questions houleuses, Mme Marois a accusé Mme Boulet et M. MacMillan d'avoir couvert les irrégularités du MTQ en soutenant que les règles avaient été respectées dans le cas du contrat accordé à ABC Rive-Nord.

«On constate, à la lecture du rapport, que les deux ministres en cause ont cherché à couvrir ce processus irrégulier en prétextant des motifs qui sont contredits par l'enquête du vérificateur général, a-t-elle dit. Tout ça au profit d'une compagnie qui appartient en partie à un membre du conseil des ministres à l'époque.»

Réclamant depuis plusieurs semaines la tenue d'une enquête publique sur le milieu de la construction, Mme Marois est revenue à la charge, mercredi, en demandant du même souffle la démission des deux ministres.

«A la lumière des révélations du rapport du vérificateur général, est-ce que le premier ministre va demander la démission de la ministre des Transports de même que du ministre délégué aux Transports?», a-t-elle lancé.

A la chef péquiste, M. MacMillan assuré qu'il entendait demeurer en poste. Le ministre délégué a déclaré qu'un seul contrat sans appel d'offres avait été accordé à ABC Rive-Nord, et il a ajouté que le vérificateur a conclu que M. Whissell n'avait rien à voir dans la décision.

«C'est facile de blâmer des gens qui travaillent fort, de blâmer tout le monde, a-t-il dit. Le ministère du Transport a fait sa job, depuis 2005, encore plus difficilement pour les contrats qui sont attribués. Arrêtez donc de faire ça, ces niaiseries-là.»

Le porte-parole péquiste du dossier des transports, Stéphane Bergeron, a de son côté soutenu que le gouvernement a tenté de protéger un système en camouflant le rapport de 2004, démontrant ce que le PQ a présenté comme un cas de «collusion».

«Lorsque le ministère, confronté à une situation éminemment douteuse, ne soumet pas le cas à la Sûreté du Québec, comment pouvons-nous avoir confiance qu'avec les enquêtes policières sur lesquelles le gouvernement s'appuie présentement nous réussirons véritablement à aller au fond des choses dans le dossier de la collusion pour les appels d'offres du ministère des Transports?», a-t-il dit.

Mme Boulet a plaidé que le gouvernement a, depuis 2005 et plus récemment, pris l'initiative de resserrer les appels d'offres, mais la ministre a reconnu que le processus est perfectible.

«Il est clair que toute situation de fraude ou de collusion doit être dénoncée, a-t-elle dit. Alors on ne peut pas refaire l'histoire, mais on peut la corriger, pour éviter que ça se répète dans le futur.»

Lors d'un point de presse qui a suivi la période des questions, Mme Marois a soutenu que la responsabilité ministérielle de Mme Boulet et de M. MacMillan était en cause, peu importe qu'ils aient été informés ou non des irrégularités constatées par M. Lachance.

«S'ils n'ont pas été informés, ils doivent, malgré tout, en assumer la responsabilité ministérielle, a-t-elle dit. Mais je vous dis du même souffle que des fonctionnaires connaissant de telles situations ont l'obligation, en vertu des règles qui les gouvernent, de dénoncer de telles situations auprès des autorités responsables.»

Mme Boulet, qui a été ministre déléguée des Transports dès 2003 avant d'être promue, a malgré tout déclaré, lors d'un point de presse, qu'elle ignorait tout du rapport interne de 2004 auquel le MTQ n'a donné aucune suite.

«Je ne peux pas vous dire ce qui s'est passé à l'époque, parce qu'on ne m'a pas mis au courant de ce dossier-là, a-t-elle dit. Mais, ce qui est clair, la règle, c'est qu'à partir d'aujourd'hui toutes les informations seront immédiatement, de façon systématique, transférées à la Sûreté du Québec.»

Malgré ce nouveau développement, Mme Boulet, qui a promis de mettre en oeuvre toutes les recommandations du vérificateur général, a répété que le gouvernement préfère attendre la fin d'enquêtes policières avant de décider si une enquête publique sur la construction et les appels d'offres est nécessaire.

A ses côtés, le sous-ministre des Transports, Michel Boivin, a tenté d'expliquer pourquoi le rapport de 2004 est demeuré lettre morte.

M. Boivin, qui est en poste depuis trois mois, a affirmé que le document avait été acheminé au bureau d'un de ses prédécesseurs.

«Les gens ont posé les gestes qui sont à l'intérieur de leurs prérogatives, à savoir de faire en sorte de voir comment ils pouvaient revoir ce genre de situation-là, puis avoir des contrats à moindre coût, a-t-il dit. Ils l'ont fait et les gens n'ont pas posé le jugement qu'il fallait envoyer ça au ministère qui est censé de s'occuper de situations comme celles-là.»

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