Le juge en charge du dossier a statué qu'il y avait un risque que Schreiber prenne la fuite.
Le tribunal étatique d'Augsbourg, en Bavière, a donc tranché, lors d'une audience à huis clos, que l'ancien lobbyiste de l'industrie de l'armement, âgé de 75 ans, devrait être maintenu en détention en attendant son procès, a expliqué hier le porte-parole du tribunal, Karl-Heinz Haeusler.
Schreiber est arrivé en Allemagne lundi, après qu'il eut perdu sa bataille judiciaire de 10 ans visant à éviter son extradition du Canada.
L'homme d'affaires, qui possède la double nationalité allemande et canadienne, fait face à des accusations de détournement de fonds, de corruption, de fraude fiscale et d'abus de confiance.
Il risque une peine allant jusqu'à 15 ans de prison.
Le procureur Reinhard Nemetz a affirmé que Schreiber, par le biais de son avocat, avait plaidé non coupable à toutes les accusations retenues contre lui lors de l'audience, hier matin.
Les accusations découlent d'allégations selon lesquelles Schreiber et d'autres personnes auraient touché de l'argent à la suite d'une transaction visant à livrer des véhicules blindés en Arabie Saoudite, au début des années 1990.
Le tribunal doit maintenant se prononcer sur la date du procès. Il n'a pas été précisé à quel moment cette décision serait prise.
Karlheinz Schreiber est considéré comme l'un des acteurs-clé du scandale des caisses noires qui a éclaboussé l'Union chrétienne-démocrate (CDU), le parti de l'ancien chancelier Helmut Kohl, dans les années 1990.
À l'époque, Schreiber s'était réfugié au Canada où il avait réussi jusqu'ici à éviter son extradition.
Schreiber aurait offert un don en espèces, en 1991, à l'ancien trésorier du CDU, Walther Leisler Kiep. Le scandale avait par la suite pris de l'ampleur lorsque M. Kohl a reconnu en 1999 avoir personnellement accepté des dons non comptabilisés - et donc illégaux - de la part de partisans.
Les procureurs avaient cependant abandonné l'enquête criminelle menée contre M. Kohl, sans porter d'accusation, après qu'il eut accepté de payer une lourde amende.
ASSOCIATED PRESS