Des sinistrés attendent leur rapport

«On ne peut pas commencer la reconstruction tant... (Martin Roy, Le Droit)

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«On ne peut pas commencer la reconstruction tant qu'on n'a pas eu le rapport», souligne Danielle Potvin dans sa maison située sur la rue Jacques-Cartier, à Gatineau.

Martin Roy, Le Droit

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Crue historique en Outaouais
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Alors que l'automne et l'hiver approchent à grands pas, des sinistrés des inondations du printemps dernier à Gatineau se demandent pourquoi ils n'ont toujours pas reçu leurs papiers du gouvernement provincial pour leur permettre d'entamer les travaux de reconstruction. Ils craignent aussi que les entrepreneurs soient sollicités tous en même temps, retardant ainsi les travaux chez eux.

Danielle Potvin, une propriétaire de maison de la rue Jacques-Cartier, est l'une de ces personnes. Le sous-sol de sa demeure a été décontaminé, et les travaux électriques et de plomberie ont été effectués. 

Toutefois, la pose de l'isolant et les travaux pour finir son sous-sol ne sont toujours pas faits. Mme Potvin, comme d'autres sinistrés, appelle au ministère de la Sécurité publique pour savoir où en est rendu son dossier, mais affirme qu'il est difficile d'obtenir une réponse.

« On ne peut pas commencer la reconstruction tant qu'on n'a pas eu le rapport. On peut faire des petits travaux, mais avec le rapport viennent les évaluations des coûts. Aussi, quand on appelle au ministère, ils sont très gentils, mais on ne réussit jamais à parler à notre analyste. On parle à des techniciens, et ils n'ont pas réponse à toutes les questions », a expliqué Mme Potvin.

Benoît Mottard, directeur général de l'Association provinciale des constructeurs d'habitation du Québec (APCHQ) en Outaouais, a dit comprendre la frustration vécue par des sinistrés.

« Les rénovateurs aussi sont un peu préoccupés devant la bureaucratie qui entoure tout ça », a souligné M. Mottard, qui a invité le gouvernement à expliquer aux entrepreneurs tout le fonctionnement entourant les règles du jeu sur les rapports d'évaluation, et les étapes qui suivent concernant les travaux, « pour avoir l'information juste ».

« Ce qui me préoccupe beaucoup est que l'hiver s'en vient. Aurons-nous le temps de tout construire avant l'hiver ? », a ajouté M. Mottard, précisant que des entrepreneurs doivent aussi honorer les contrats qu'ils ont conclus avec des clients non liés aux inondations, et qu'ils ne pourront nécessairement mettre de côté ces contrats pour rénover des maisons endommagées par la crue des eaux une fois que les rapports seront disponibles. 

« Les délais de construction risquent d'augmenter », a prévenu le directeur général de l'APCHQ-Outaouais. 

Lourdeur administrative

De son côté, Simon Brûlé, propriétaire de Prosim Construction, a indiqué que son entreprise a été débordée en mai, juin et juillet avec les travaux de démolition et de décontamination, et toujours très occupée en août pour les évaluations. Toutefois, a-t-il souligné, ses clients n'ont toujours pas reçu l'autorisation du gouvernement pour procéder aux travaux de reconstruction.

« Ce que je vois sur le terrain est que ça devient une lourdeur au chapitre des documents administratifs et des échanges avec le ministère de la Sécurité publique. Ça allait bien au début, mais il semble que les gens maintenant courent après leurs rapports pour obtenir les autorisations », a observé M. Brûlé.

Certaines personnes paient de leurs poches pour des travaux, et demanderont un remboursement. D'autres doivent puiser dans leurs économies, comme dans leur RÉER. Toutefois, ce ne sont pas tous les sinistrés qui ont les moyens financiers d'agir ainsi, ont indiqué des intervenants.

« Nous avons les équipes pour faire les travaux, mais aucun de mes clients ne veut mettre 80 000 $ de sa poche avant de savoir ce que le gouvernement va faire avec leur propriété », a d'ailleurs noté M. Brûlé.

« La problématique est qu'aussitôt que les rapports vont sortir, nous serons débordés. Mes clients sont composés de plusieurs gros chantiers », a précisé l'entrepreneur.

« L'hiver s'en vient, et des maisons ont été réduites à la charpente. Il n'y a plus d'électricité, il n'y a plus d'isolation. C'est ça que les gens craignent. Quand ça va déborder, j'ai l'impression qu'on devra possiblement faire des travaux temporaires sur certains chantiers pour minimalement isoler et mettre du chauffage pour que les gens protègent leur maison », a expliqué M. Brûlé.

« C'est triste parce qu'on roule au ralenti. On pourrait aider plusieurs personnes, mais on roule au ralenti parce que ce n'est pas débloqué au niveau du gouvernement », a ajouté M. Brûlé.

Les entrepreneurs en construction et rénovation de la région doivent composer avec une main-d'oeuvre déjà très occupée ou qui est rare en raison de la demande, notamment chez les charpentiers-menuisiers, a par ailleurs indiqué un autre représentant de l'APCHQ-Outaouais.




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