La réconciliation au fil de l'eau

Un groupe d'une trentaine de pagayeurs autochtones, jésuites... (Courtoisie, Canoe Pilgrimage)

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Un groupe d'une trentaine de pagayeurs autochtones, jésuites et laïcs franchira 900 kilomètres en 26 jours.

Courtoisie, Canoe Pilgrimage

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Un groupe d'une trentaine de pagayeurs autochtones, jésuites et laïcs franchira 900 kilomètres en 26 jours.

Cette expédition lancée à Sainte-Marie-au-pays-des-Hurons, un ancien centre missionnaire jésuite, près de Midland en Ontario, dans la baie Georgienne, le 21 juillet, devrait se clore à Kahnawake, une réserve Mohawk de la Montérégie, près de Montréal, le 15 août. 

Ce long périple, à raison de six occupants par canot, reprend en quelque sorte la route historique empruntée par Samuel de Champlain, le père jésuite Jean de Brébeuf et les autochtones eux-mêmes. En 1967, dans le cadre du 100e anniversaire du Canada, 24 jeunes jésuites avaient aussi accompli ce périple jusqu'au site de l'exposition universelle de Montréal.

 Dans la foulée de la commission Vérité et Réconciliation et des fêtes du 150e anniversaire de la Confédération canadienne, les navigateurs ont voulu créer une équipée multiculturelle et interreligieuse à l'image du Canada d'aujourd'hui. Ainsi, des Autochtones des nations anishinaabe et crie, des Métis, des francophones et des anglophones, laïcs comme jésuites, essaient de retrouver une certaine solidarité dans l'effort.

Et de l'effort, il y en a sûrement, puisque le groupe de canoteurs se doit de pagayer de six à dix heures par jour à raison de 50 coups de pagaie à la minute, environ. Le tout se traduit en général par une trentaine de kilomètres parcourus chaque jour, avec des pointes à 40, voire 70 kilomètres, les meilleures journées.

Jusqu'à maintenant, le groupe a longé les côtes de la Baie Georgienne jusqu'à la rivière des Français, pour atteindre le lac Nipissing. De là, les pèlerins ont emprunté la rivière Mattawa jusqu'à la rivière des Outaouais. Après avoir passé deux jours à Ottawa, la plus longue escale, les canots ont entamé une descente de la rivière, avec une nuitée à Thurso, vendredi, où Le Droit les attendait. Suivra ensuite le fleuve Saint-Laurent et enfin, Montréal, le 15 août ; si tout va bien...

Un cheminement également spirituel...

Cet itinéraire fluvial en est également un spirituel car toute cette mission est inspirée par la commission Vérité et Réconciliation. Pendant cinq années, cette commission a enquêté sur l'histoire tragique des pensionnats canadiens. Depuis, les jésuites ont reconnu leur rôle dans l'établissement d'une institution semblable, à Spanish en Ontario, et veulent s'impliquer dans un processus de guérison et de réconciliation. Les Jésuites avaient d'ailleurs publié leur déclaration de réconciliation lors de l'événement national de la Commission à Montréal en 2013. 

« Nous essayons de travailler à la réconciliation des Canadiens », explique le jeune jésuite Erik Sorensen, chef de projet de la mission. « Étant membre de la Compagnie de Jésus, un groupe qui avait un pensionnat indien et qui a joué un rôle important dans les efforts de colonisation par les premiers Européens, j'ai l'impression de participer à une dynamique de guérison collective qui nous amène à changer la façon dont nous faisons les choses. »

Le groupe de 30 pagayeurs reprend le voyage, tôt samedi matin, à partir de Thurso, accompagné d'une quinzaine de rameurs supplémentaires qui les accompagneront sur quelques kilomètres, en guise de solidarité.




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