Chalk River: Martine Ouellet veut stopper le projet

Martine Ouellet terminera sa tournée pour marquer son... (Patrick Woodbury, Le Droit)

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Martine Ouellet terminera sa tournée pour marquer son opposition au projet de dépotoir nucléaire de Chalk River par une visite des laboratoires nucléaires de cette ville ontarienne.

Patrick Woodbury, Le Droit

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La Presse Canadienne

La chef du Bloc québécois, Martine Ouellet, demeure peu rassurée jeudi à l'issue de sa visite des Laboratoires nucléaires de Chalk River jeudi. Cette visite clôturait sa tournée de trois jours au Québec et en Ontario pour marquer son opposition au projet de dépotoir nucléaire qui doit être aménagé sur les lieux de Chalk River à environ un kilomètre de la rivière des Outaouais.

Celle qui est également députée à l'Assemblée nationale estime que les promoteurs du projet doivent refaire leurs devoirs.

« Je n'ai pas été rassurée parce que leur soi-disant meilleur site, c'est sur leur territoire de Chalk River et ils n'ont pas regardé en dehors du territoire de Chalk River pour une raison de coût », a-t-elle souligné avant de quitter les lieux.

« Tant qu'à choisir un site permanent, je crois qu'il devrait y avoir un choix plus sécuritaire que le site qu'ils nous proposent, a-t-elle poursuivi. Ils devraient proposer au public des alternatives avec les coûts et que ce projet-là ce devrait être un projet en fonction de la sécurité des citoyens et des citoyennes. »

La Presse canadienne a accompagné la délégation de Mme Ouellet qui avait également invité trois militants pour la protection de l'environnement.

L'endroit est hautement sécurisé. À l'arrivée, tous les véhicules ont été fouillés par la sécurité. Les caméras n'ont pas été saisies, mais il était interdit de photographier les lieux. Une fourgonnette nous a ensuite conduits le long d'une route pavée coupant une forêt dense et où se promenait un troupeau de dindons sauvages.

Les Laboratoires de Chalk River, qui produisent entre autres des isotopes médicaux, appartiennent au gouvernement du Canada, mais ils sont gérés en sous-traitance depuis 2015 par les Laboratoires nucléaires canadiens (LNC), une entreprise appartenant au consortium Canadian National Energy Alliance composé de quatre entreprises d'ingénierie et de technologie, dont SNC-Lavalin et Rolls-Royce.

Il s'agit du plus grand centre de recherches au pays. Le bâtiment principal dont l'un des murs extérieurs est entièrement vitré offre une vue spectaculaire sur la rivière des Outaouais.

La proximité de la rivière est l'une des raisons pour lesquelles ces laboratoires nucléaires y ont été aménagés dans les années 1940, l'eau étant utile pour le refroidissement des réacteurs nucléaires.

Les pratiques de l'époque étant moins raffinées que celle d'aujourd'hui, certains sols et eaux souterraines ont été contaminées par la radioactivité.

Les responsables des laboratoires nucléaires de Chalk River veulent y remédier et trouver une solution durable pour l'entreposage des déchets nucléaires antérieurs et de ceux qui seront produits à l'avenir. Ils prévoient une importante revitalisation des lieux.

« Le risque de ne rien faire est significatif parce que nous avons des bâtiments de bois qui ont été contaminés sur la berge de la rivière des Outaouais, nous avons des panaches contaminés d'eaux souterraines près de la rivière. Le but est de les mettre dans un milieu fermé », a affirmé le vice-président du déclassement et de la gestion des déchets pour LNC, Kurt Kehler.

Une surveillance étroite est constamment effectuée, selon les responsables de LNC, pour éviter que cette contamination ne s'étende.

Jusqu'à 1000m3

Le dépotoir serait aménagé en pleine forêt et pourrait accueillir jusqu'à 1000 mètres cubes de déchets nucléaires à faible radioactivité durant 50 ans. La majorité proviendrait de Chalk River et servirait, entre autres, à disposer de façon sécuritaire des sols et des matériaux contaminés. Une faible proportion de ces déchets serait issue d'autres endroits comme celui de Gentilly-1 et de clients comme les hôpitaux et les universités.

Selon le projet proposé à la Commission de sûreté nucléaire, seulement 1 pour cent de ces déchets auraient une radioactivité d'intensité moyenne.

Le dépotoir dont la planification a été réalisée par des ingénieurs comprendrait une membrane de deux mètres d'épaisseur pour éviter les fuites et une usine de traitement des eaux usées. Il tient compte du risque de catastrophe naturelle comme une inondation ou un tremblement de terre, selon Kurt Kehler.

Malgré toutes ces informations, les opposants au projet sont peu rassurés. Ils dénoncent la proximité du dépotoir de la rivière des Outaouais, car ils craignent que d'éventuelles fuites ne contaminent ces eaux.

« La radioactivité tout comme le pétrole lourd, ça ne s'enlève pas, a souligné Martine Ouellet. Tu ne peux pas dire : on a de la contamination, on va nettoyer. Ça ne se nettoie pas. »

Au cours de sa tournée, elle a rencontré divers groupes environnementaux et associations de citoyens le long de la rivière dont le Conseil de l'environnement et du développement durable de l'Outaouais (CREDDO).

« L'idée de construire un site d'enfouissement de déchets nucléaires à un kilomètre d'une rivière qui alimente une grande partie de la population québécoise, il y a quelque chose qui manque, a dit le directeur général du CREDDO, Benoît Delage. N'importe qui va dire que ça n'a pas de bon sens. »

La Commission canadienne de sûreté nucléaire doit procéder à l'évaluation environnementale du futur dépotoir. Le Bloc québécois entend soumettre ses premiers commentaires d'ici la fin de la période de consultation du public le 16 août.




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