Un dépotoir nucléaire «insensé», dit Martine Ouellet

La chef du BQ croit que le poids... (Patrick Woodbury, Le Droit)

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La chef du BQ croit que le poids de l'opinion citoyenne finira tôt ou tard par faire entendre raison aux promoteurs du projet de dépotoir nucléaire à Chalk River, aux abords de la rivière des Outaouais.

Patrick Woodbury, Le Droit

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« Un non-sens et une insulte à l'intelligence », voilà les premiers mots qui viennent à l'esprit de la chef du Bloc québécois, Martine Ouellet, pour décrire le projet de construction d'un dépotoir de déchets nucléaires radioactifs à Chalk River, aux abords de la rivière des Outaouais, à quelque 200 kilomètres à l'ouest de Gatineau.

La leader du parti et députée de Vachon à l'Assemblée nationale était de passage dans la région mercredi à l'occasion d'une tournée de consultation sur le projet de la compagnie Laboratoires nucléaires canadiens (LCN). Un projet qui est loin de faire l'unanimité et qui n'a toujours pas obtenu l'aval du gouvernement fédéral. Le site d'enfouissement projeté s'étendrait sur un site d'une superficie de 16 hectares et inclurait un million de mètres cubes de déchets. L'entreprise voudrait démarrer ses opérations en 2020 et son dépotoir aurait un durée de vie approximative d'un demi-siècle.

À une semaine de la fin de la période de commentaires ouverte par la Commission canadienne de sûreté nucléaire, qui se penche sur les effets environnementaux potentiels et les mesures d'atténuation prévues, Mme Ouellet a rencontré en privé le maire de Gatineau, Maxime Pedneaud-Jobin, ainsi que deux groupes environnementaux de la région, Sentinelle Outaouais et le Conseil régional de l'environnement et du développement durable de l'Outaouais (CREDDO), afin de « tâter leur pouls » face à ce projet. 

Précisant avoir consulté des experts en physique et nucléaires, la chef du BQ dit que ce n'est pas tant le concept qui est contesté, mais d'abord et avant tout l'emplacement choisi, à un kilomètre en amont de la rivière des Outaouais, sur la rive ontarienne.

« Normalement, ça se fait dans une région désertique et non pas à côté d'une rivière comme celle-là. Et l'enceinte est beaucoup plus solide qu'une simple membrane géotextile. C'est complètement insensé de penser faire un tel site dans un marais. Les eaux souterraines de ce marais-là se jettent dans la rivière des Outaouais. Vous savez, on l'a vu avec l'épisode malheureux du printemps à Gatineau, ça arrive que la rivière sorte de son lit. Imaginez si ça s'était produit à Chalk River et que le site avait été inondé. L'eau recirculerait ensuite dans la rivière, qui est une source d'approvisionnement en eau potable. [...] Une contamination radioactive, ça ne s'enlève pas. C'est quoi l'idée de prendre un tel risque ? Je ne trouve aucune explication à ça », a-t-elle lancé. 

Questionnée à savoir si elle a des pistes de solutions à proposer, l'ex-députée péquiste répond que c'est au promoteur que revient la tâche de proposer des alternatives.

« Nous, ce que l'on constate avec l'ensemble des informations dont on dispose, c'est qu'il s'agit d'un projet insensé et dangereux. [...] Je ne peux même pas croire que des promoteurs aient osé proposer ça, c'est une insulte à l'intelligence, c'est incroyable. On doit trouver un endroit isolé et géologiquement le plus stable possible, alors que ce site-là ne répond d'aucune espèce de façon à ces critères-là », déplore-t-elle, rappelant qu'une consultation publique du Bureau d'audiences publiques sur l'environnement (BAPE) est demandée par plusieurs dans ce dossier.

À son avis, le pouvoir citoyen va finir par faire entendre raison aux promoteurs, qui n'auront alors d'autre choix que de faire marche arrière. 

Jeudi, Martine Ouellet doit poursuivre sa tournée en rencontrant les membres de l'Association des propriétaires de chalets de Fort William, dans le Pontiac, puis en visitant les installations de l'entreprise LCN.

« Ni le site, ni la technologie proposés sont adéquats », selon Patrick Nadeau

Les différents acteurs régionaux rencontrés par la leader du Bloc québécois, Martine Ouellet, s'entendent pour dire qu'ils ont des préoccupations en lien avec le projet de dépotoir de déchets nucléaires de Chalk River.

Selon le directeur général de Sentinelle Outaouais, Patrick Nadeau, l'étude environnementale est incomplète et manque d'informations critiques qui permettraient à quiconque de bien évaluer le projet. «On demande au promoteur de refaire ses devoirs, car ni le site ni la technologie proposés sont adéquats», dit-il.

Même son de cloche pour le directeur général du Conseil régional de l'environnement et du développement durable de l'Outaouais (CREDDO), Benoît Delage. «Juste en partant, faites le test et regardez la réaction des gens quand on leur dit qu'il y aura de l'enfouissement nucléaire à deux pas d'une rivière. Ils ne comprendront pas. Pas besoin d'être spécialiste pour savoir qu'il y a clairement quelque chose qui ne fonctionne pas», lance-t-il.

Le maire de Gatineau, Maxime Pedneaud-Jobin, parle d'un «projet considérable» et soutient que les risques qui y sont associés doivent être sérieusement évalués, mais dit qu'il aura besoin de plus d'informations avant de prendre position dans un sens ou dans l'autre.




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