Quelques minutes avant le vide...

Laura Couillard, une victime d'inceste, a participé au Grand saut... (Courtoisie, Andréanne Tremblay)

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Laura Couillard, une victime d'inceste, a participé au Grand saut de l'espoir du Centre d'intervention en abus sexuels pour la famille (Ciasf).

Courtoisie, Andréanne Tremblay

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Onze personnes bien spéciales se sont élancées, samedi, du haut d'un avion, en parachute, mais leur saut avait une signification bien particulière.

Parmi les onze sauteurs couplés à des parachutistes professionnels, on retrouvait deux victimes d'agressions sexuelles, les deux parents de l'une de ces victimes, une femme d'affaires de la région les appuyant et une directrice de la Protection de la jeunesse. 

Leur saut de samedi en était également un symbolique : le Centre d'intervention en abus sexuels pour la famille (Ciasf) organisait ce week-end « Le Grand Saut de l'Espoir », une façon de faire le parallèle entre le saut physique dans le vide qu'est le parachutisme et le saut vers l'inconnu que les jeunes victimes d'actes criminels doivent accomplir dans leur vie pour dénoncer leurs prédateurs, se prendre en main et survivre à l'horreur.

Faire le grand saut

Laura Couillard... (Simon Séguin-Bertrand, Le Droit) - image 3.0

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Laura Couillard

Simon Séguin-Bertrand, Le Droit

Assises à une table de pique-nique, à l'aéroport de Gatineau, quelques minutes avant leur saut, deux anciennes victimes de crimes sexuelles se racontent au Droit. D'abord, Marie-Josée Leduc, une jeune mère de quatre enfants, maintenant âgée de 30 ans et dont un oncle et un cousin abusèrent pendant une dizaine d'années lorsqu'elle avait entre quatre et quatorze ans. En pleine dépression, elle contacta le CALAS de l'Outaouais (Centre d'aide et de lutte contre les agressions sexuelles) pour se sortir du marasme. Suivront une thérapie de groupe, une autre individuelle et une reprise en main. Aujourd'hui mère au foyer, on la sent encore fragile. Dans quelques instants, Marie-Josée sautera du haut d'un petit avion.

Laura Couillard est une adolescente de 15 ans, étudiante, mais aussi ex-victime d'inceste, entre l'âge de sept et neuf ans. Après une thérapie de près d'un an, sa vie est de nouveau sur les rails, mais elle veut partager son vécu avec des écoliers de l'élémentaire et éventuellement des étudiants du secondaire devant lesquels elle prend la parole dans le cadre de courtes conférences dans les écoles. Laura sautera dans moins d'une heure avec son père et sa mère qui l'encouragent dans ses démarches.

Une fois en plein vol, les parachutistes d'un jour ont tous lâché dans les airs une feuille de papier sur laquelle un message était écrit. Chaque message correspondait à un souhait promulgué par une victime de crime sexuel en phase de guérison. Le Ciasf avait demandé à de jeunes survivantes d'écrire ce qu'elles souhaitent que les autres victimes, comme elles, réalisent au cours des 30 prochaines années. Entre autres, parce qu'on célèbre cette année les 30 ans du Ciasf. Les passants au sol qui récupéreront ces messages n'auront probablement aucune idée du cheminement douloureux de leurs auteurs...

Laura Couillard a sauté, samedi, en parachute, tout... (Courtoisie, Andréanne Tremblay) - image 4.0

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Laura Couillard a sauté, samedi, en parachute, tout en laissant tomber dans le ciel, une feuille portant un message d'espoir.

Courtoisie, Andréanne Tremblay

Des chiffres troublants

En Outaouais, actuellement, près de 600 signalements de situations d'agressions sexuelles sont enregistrés chaque année. Un chiffre effarant quand on sait que ces signalements ne représentent, pense-t-on, que 15 % de la réalité. 

Statistique Canada confirmait, le 24 juillet dernier, une augmentation de 233 % d'incidents dans des dossiers d'exploitation sexuelle d'enfants en ligne, au Canada, depuis la dernière décennie. 

Au cours de l'année 2016-2017, le Ciasf a connu une augmentation de 29 % des demandes en lien avec des situations d'agressions sexuelles commises envers des enfants en Outaouais. Près de 30 % des demandes de services proviennent de l'extérieur de la région urbaine de Gatineau.

Pour soutenir cette campagne : 819-595-1905

Un centre d'accueil adapté pour victimes d'agressions

Tatou Parisien, une psychothérapeute du Centre d'intervention en... (Simon Séguin-Bertrand, Le Droit) - image 6.0

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Tatou Parisien, une psychothérapeute du Centre d'intervention en abus sexuels pour la famille, la jeune Laura Couillard, son père Steve et sa mère Linda, ainsi que la femme d'affaires Julie Moffatt, se préparent à monter dans l'avion qui les portera dans le ciel.

Simon Séguin-Bertrand, Le Droit

Le Centre d'intervention en abus sexuels pour la famille (Ciasf) espère amasser plus de 50 000 $, cette année, pour transformer une résidence privée récemment acquise à Gatineau en chaleureux centre d'accueil adapté pour victimes d'agressions.

Déjà cinq ambassadrices issues, pour la plupart, du monde des affaires cherchent à amasser une cagnotte intéressante à cet effet. Ce nouveau point de services permettra au Ciasf d'augmenter de 60 % sa capacité d'accueil.

« Nous savons que des centaines d'enfants de l'Outaouais sont victimes d'abus sexuels et n'ont pas accès à des services spécialisés et adaptés. Cette année, nous faisons un pas de plus vers la construction d'une communauté au sein de laquelle aucun enfant n'est laissé pour compte après un tel traumatisme, mais aussi vers une société qui respecte le droit, la santé et la dignité des enfants, en toutes circonstances », conclut Simon Drolet, directeur général du Ciasf.




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