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Au Canada, 40% des accidents nautiques sont liés à l'alcool.

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Le constable Martin Dompierre a trop d'images de victimes inanimées sous les eaux de la rivière des Outaouais. Lorsqu'il plonge pour retrouver le cadavre d'une personne noyée, c'est souvent parce que la victime a été imprudente avec son embarcation. Lorsqu'il ne plonge pas, il navigue pour avertir les plaisanciers, leur remettre une contravention et espérer ainsi avoir sauvé une vie.

Il y aura beaucoup de bateaux sur la rivière des Outaouais, sur le canal Rideau et sur les autres cours d'eau de la région, cette fin de semaine. Il fait beau, il fait chaud, et c'est le premier week-end des Grands Feux du Casino du Lac-Leamy.

Les touristes affluent et se mêlent aux gens de la région déjà en vacances.

L'été, les médias affirment encore trop souvent qu'une personne s'est noyée, et cite la police, qui croit que l'imprudence ou l'alcool est en cause.

Avec les policiers de Gatineau, les constables d'Ottawa sortiront leurs embarcations cette fin de semaine.

C'est le cas de Martin Dompierre, de l'Unité nautique de plongée et des sentiers de la police d'Ottawa. Il ciblera particulièrement la consommation d'alcool dans les embarcations à moteur, et la présence de vestes de sauvetage dans les bateaux.

« On peut arrêter une personne pour conduite avec les capacités affaiblies par l'alcool sur un bateau, comme dans une voiture », dit-il.

La patrouille de jour est différente du quart de soir.

« Les jours de semaine, dit l'agent Dompierre, on a affaire à des familles. Au coucher du soleil, ça change. Ce sont des gars sur le party. C'est pour cela qu'on va patrouiller surtout le soir. »

Car c'est souvent dans la pénombre que les incidents fâcheux se produisent. « Je suis plongeur, et c'est moi qui vais les ramasser quand ça se passe mal. Lorsqu'on les accoste, je leur explique que je ne veux pas revoir cette image. »

Si l'argent peut faire le bonheur de certains, les qualités de navigateurs ne s'achètent pas au dépanneur du coin. 

« Les gars vont prendre leur carte de navigation, acheter un gros bateau pour "triper", impressionner les "chums" ou la blonde, mais ils ne savent pas nécessairement comment se comporter. Ils peuvent toucher le fond, tourner trop brusquement... Ce n'est pas nécessairement qu'ils veulent mal faire, c'est qu'ils n'ont pas les connaissances. »

En sept ans de patrouille nautique, le constable Dompierre a observé une certaine amélioration du comportement des plaisanciers quant à l'alcool à bord.

Rappelons que la consommation d'alcool est interdite sur la rive ontarienne de l'Outaouais, alors qu'elle demeure permise au Québec. « C'est très compliqué, commente le policier. Les gens traversent et ne savent pas. Nous leur donnons des contraventions, nous n'avons pas le choix ! »

En Ontario, il y a une exception pour les bateaux avec salle de bain et chambre à coucher. Le bateau est alors considéré comme une « maison » et la consommation d'alcool y est permise.

Dans une embarcation « ordinaire », même la possession d'une bouteille non scellée est passible d'une amende.

« Il n'y a pas d'arrimage entre les deux provinces », ajoute le policier.

Au Canada, 40% des accidents nautiques sont liés à l'alcool. 

« Nous ne sommes pas là pour briser le "party", affirme le constable Dompierre. Nous voulons seulement ne pas avoir à plonger... »

Ne manquez pas ce samedi notre dossier sur la navigation de plaisance dans la région. À lire dans nos pages et dans notre application.




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