Des extrémités qui se sentent négligées

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Les citoyens de Masson-Angers ne cachaient pas leur fierté, avant la fusion, d'avoir des infrastructures en bon état et des services municipaux de grande qualité tout en payant un taux de taxe peu élevé.

Martin Roy, Le Droit

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Les raisons qui poussaient les citoyens d'Aylmer et de Masson-Angers à refuser la fusion il y a 15 ans semblent s'être confirmées avec le temps dans la perception des résidents de ces secteurs.

Les Aylmerois redoutaient une perte de contrôle sur le développement résidentiel de leur secteur s'il était fusionné avec les autres villes qui forment aujourd'hui Gatineau. Une revue de presse de l'époque permet de noter qu'ils nourrissaient de nombreuses craintes quant à la diminution de leur qualité de vie à cause de la prolifération de nouveaux développements résidentiels. 

Quinze ans plus tard, les répondants au sondage effectué par l'universitaire Louis-Philippe Morin tendent à confirmer que ce qu'ils appréhendaient s'est réalisé. «Ils jugent que le développement résidentiel est chaotique dans leur secteur, dit-il. Ils considèrent que la Ville de Gatineau a pris une direction complètement inverse que celle défendue par l'ancienne classe politique aylmeroise. À cause de ça, le rejet de Gatineau est catégorique à Aylmer.»

Les citoyens de Masson-Angers ne cachaient pas leur fierté, avant la fusion, d'avoir des infrastructures en bon état et des services municipaux de grande qualité tout en payant un taux de taxe peu élevé. Ils craignaient que la fusion ait un impact négatif sur la qualité des services et fasse augmenter leur taux de taxation. 

«Les Massonnois ont aujourd'hui l'impression d'être négligés par l'administration municipale gatinoise, explique M. Morin. Le sentiment partagé par beaucoup de résidents est qu'ils ne sont qu'une vache à lait pour la Ville de Gatineau. Ils estiment qu'ils ne font que payer toujours plus de taxes sans jamais rien en retirer.»

M. Morin rappelle que les citoyens de ces deux secteurs aujourd'hui situés aux extrémités de la nouvelle ville étaient à l'époque centrés sur leurs propres intérêts. «Là, ils se retrouvent dans une ville à laquelle ils ne s'identifient pas et ils ont l'impression que les décisions se prennent indépendamment de leurs projets collectifs, souligne l'étudiant à la maîtrise en géographie à l'Université d'Ottawa. Sans dire qu'ils représentent une cause perdue pour Gatineau, il faudrait des changements majeurs pour que leur perception change.»

Le centre-ville, un concept vague

Le sondage réalisé par Louis-Philippe Morin en juillet... (Etienne Ranger, Le Droit) - image 3.0

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Le sondage réalisé par Louis-Philippe Morin en juillet 2016 dans le cadre de sa thèse de maîtrise démontre que pour 83 % des Aylmerois, le véritable centre-ville se situe dans leur secteur.

Etienne Ranger, Le Droit

Pour bien des résidents des secteurs Masson-Angers et Aylmer, le centre-ville de Gatineau et un vague concept que tente en vain de leur inculquer la classe politique. 

Le sondage réalisé par Louis-Philippe Morin en juillet 2016 dans le cadre de sa thèse de maîtrise démontre que pour 83 % des Aylmerois, le véritable centre-ville se situe dans leur secteur. Seulement 7 % des répondants estiment que l'Île-de-Hull est le coeur de la ville. 

À Masson-Angers, la moitié des répondants estiment encore que leur secteur abrite le centre de leur ville. Le tiers identifie la zone commerciale des Promenades Gatineau comme le véritable centre-ville, alors que moins de 10 % des répondants acceptent le concept de centre-ville dans le Vieux-Hull. 

« Dans le cas d'Aylmer, on peut le comprendre », note M. Morin. De fait, le centre historique d'Aylmer est bien vivant et attire son lot de Gatinois. La Ville fait aussi la promotion de cette zone commerciale et patrimoniale en l'identifiant comme l'un des bijoux de Gatineau. 

« Un village fantôme »

« C'est beaucoup plus surprenant dans le cas de Masson-Angers, ajoute l'universitaire. D'abord parce que le centre de ce secteur est bien difficile à identifier et ensuite parce que ces mêmes répondants se plaignent qu'il n'y a rien à Masson-Angers, qu'il manque de commerces et que c'est presque un village fantôme. Plusieurs ont identifié le secteur de l'Encan Larose comme un des lieux qu'ils aiment fréquenter, mais il faut dire que dans le Vieux-Masson, il n'y a plus rien, surtout depuis l'ouverture de l'autoroute 50. »




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