Des secteurs réfractaires

La Ville de Gatineau n'a toujours pas réussi,... (Patrick Woodbury, Le Droit)

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La Ville de Gatineau n'a toujours pas réussi, quinze ans plus tard, à rallier les citoyens de son territoire les plus réfractaires à la fusion municipale.

Patrick Woodbury, Le Droit

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La Ville de Gatineau n'a toujours pas réussi, quinze ans plus tard, à rallier les citoyens de son territoire les plus réfractaires à la fusion municipale. L'adhésion à la nouvelle ville est très faible dans le secteur Masson-Angers et catégoriquement rejetée à Aylmer.

C'est le dur constat que dresse Louis-Philippe Morin, un étudiant à la maîtrise en géographie à l'Université d'Ottawa. La thèse qu'il vient de publier et dont Le Droit a obtenu copie est sans équivoque. « Les identités territoriales des Aylmerois et des Massonnois demeurent fortement ancrées à l'échelle locale », soutient l'universitaire. 

Il importe de préciser que M. Morin a concentré ses travaux de recherche dans les deux anciennes villes qui étaient, à l'époque, les plus opposées à la fusion. Son échantillonnage de 152 citoyens est aussi essentiellement composé à 87 % d'individus âgés de plus de 50 ans. Près de 85 % des répondants sont aussi des gens qui résident dans leur quartier depuis plus de 25 ans.

« Plusieurs groupes auraient été pertinents à étudier, admet-il, notamment les plus jeunes et ceux qui ont déménagé à Gatineau depuis la fusion, mais je voulais me concentrer sur les plus réfractaires de l'époque afin de voir si leur perception avait évolué avec le temps. Je voulais aussi voir s'il y avait une ressemblance dans le discours de ces gens qui sont situés aux extrémités de la Ville. »

La conclusion est sans appel. Autant à Aylmer qu'à Masson-Angers, chez les 50 ans et plus, Gatineau essuie un cuisant revers dans ses tentatives de susciter un sentiment d'appartenance à la nouvelle ville. À Masson, moins de 20 % des répondants s'identifient « beaucoup » ou « tout à fait » à la Ville de Gatineau. À Aylmer, cette proportion dépasse tout juste 4 %. À l'inverse, le sentiment d'appartenance à leur ancienne ville est encore très fort. À Masson-Angers, 82 % des répondants se déclarent « beaucoup » ou « tout à fait » attachés à leur ancienne ville, alors que cette proportion grimpe à 91 % à Aylmer. 

Pas étonnant

Ces données ne sont pas étonnantes dans la mesure où 58 % des électeurs d'Aylmer et 66 % de ceux de Masson-Angers ont voté pour la défusion en 2004. Le taux de participation était toutefois trop faible pour que le référendum soit valide en regard de la loi. 

« Si après 15 ans ces gens ont encore autant de récriminations à partager, c'est que quelque chose n'a pas fonctionné, soutient M. Morin. Je m'attendais à du mécontentement, mais aussi à un peu de positif. Visiblement, Gatineau  n'a pas été en mesure de créer une nouvelle communauté. Pas encore à tout le moins. Il y a encore trop de gens qui sont catégoriquement négatifs aux deux extrémités de la Ville. »

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